Rome, 31mars(APIC/CIP) Pour la première fois depuis la constitution de
leur Conférence épiscopale, les évêques catholiques de Turquie ont été
reçus par le pape, le 31 mars, à l’occasion de leur première visite
quinquennale à Rome.
Ils ne sont que six évêques : deux pour les catholiques de rite latin,
un pour le rite arménien, un pour le rite chaldéen, un pour le rite
byzantin et enfin un pour les Syriens catholiques. C’est donc une Conférence épiscopale "modeste", comme l’a reconnu Jean Paul II, mais sa
création récente témoigne de la volonté d’aider les évêques de Turquie à se
concerter et à unir leurs efforts face à tous les interlocuteurs de leur
pays, à commencer par le gouvernement : il y va de "l’avenir" et de la
"vitalité" de l’Eglise, a souligné le pape.
Jean Paul II sait que les catholiques de Turquie sont très minoritaires:
quelques milliers seulement, dans un pays de près de 50 millions
d’habitants, dont les 99% sont musulmans, tandis que l’Etat turc se proclame laïc.
Le problème de l’enseignement religieux
Le premier problème abordé par Jean Paul II avec les évêques de Turquie
traduit la grande préoccupation de l’Eglise locale : comment se fait-il que
les élèves catholiques ne puissent pas encore être exemptés du cours de
religion musulmane, alors que les élèves musulmans sont automatiquement
dispensés du cours de religion catholique dans l’Enseignement libre ? C’est
là un "problème délicat", reconnaît le pape, mais "le respect de la liberté
religieuse", ajoute-t-il, "ne saurait demeurer un prinicpe dépourvu
d’application".
Un autre problème préoccupant est la faible pratique religieuse des
fidèles. Il y a 50 ans, Istanbul, qui ne comptait guère plus de 700.000
habitants, comprenait au moins un tiers de chrétiens, toutes confessions
confondues. On n’en trouve guère plus de 2.000 aujourd’hui, tandis que la
ville compte plus de 2 millions d’habitants. Le fait de se retrouver à
quelques-uns dans une grande église pour y célébrer la liturgie n’est pas
des plus encourageants. On a beau se dire que la Turquie d’aujourd’hui
comprend une bonne partie de l’Asie Mineure et de la Syrie d’autrefois,
dont la ville d’Antioche fut un berceau fondamental du christianisme. Le
regard sur le passé ne suffit pas. Du reste, Jean Paul II a insisté, auprès
des évêques, sur l’aujourd’hui, en les encourageant à promouvoir l’usage de
la langue courante dans la liturgie. Il s’agit là, a-t-il dit, d’un "enjeu
fondamental", car les fidèles ont besoin d’entrer "en contact" avec la
Parole de Dieu.
Le pape a encore parlé de la formation des animateurs chrétiens, tout
spécialement de nouveaux catéchistesm afin d’assurer une "catéchèse
systématique", tout en parlant "un langage simple et attrayant". Enfin,
Jean Paul II a évoqué la fondation récente d’une Fédération des Ecoles
Catholiques de Turquie, relevant au passage qu’elle comptait sur des aides
financières d’autres Fédérations analogues en Europe pour poursuivre sont
travail. (apic/jt/bd)