Rome: Les évêques de la RFA reçus par le pape (141189)
Rome, 14novembre(APIC) Le pape Jean Paul II a ouvert lundi 13 novembre au
Vatican une rencontre de deux jours qu’il aura avec les évêques de la RFA.
Une rencontre, a-t-il déclaré, qui a lieu à un moment où se produisent en
Europe des changements profonds, qui concernent tout particulièrement l’Allemagne. A l’exception de l’évêque de Passau, malade, tous les évêques diocésains de RFA sont présents au Vatican. La curie romaine étant pour sa
part représentée par six cardinaux, dont le cardinal Casaroli, secrétaire
d’Etat, ainsi que les cardinaux allemands Ratzinger et Mayer.
Dans son discours, Jean Paul II a exhorté les évêques à l’unité avec le
pape et à une intensification des efforts pour la transmission de la foi.
"Il s’agit, a-t-il dit, de s’écarter des éventuels dangers et déviations
qui peuvent apparaître dans l’Eglise et de promouvoir parmi les fidèles un
véritable zèle missionnaire. Même l’expérience des défections et des échecs
ne peut nous inciter au pessimisme et au découragement, car l’unité de
l’Eglise catholique et sa mission dans le monde ne peuvent jamais cesser ou
être falsifiées", a-t-il ajouté.
Jean Paul II s’est en outre réjoui que la rencontre des évêques allemands avec lui-même et avec des représentants de la curie romaine soit à la
fois une "occasion et un encouragement à aborder dans la solidarité fraternelle et en toute liberté et ouverture, des problèmes importants pour la
transmission de la foi".
Mgr Lehmann: nouvelle évangélisation et liberté
Dans son exposé d’introduction aux travaux, Mgr Karl Lehmannn, président
de la Conférence épiscopale allemande, a fait état du recul de la foi et
des valeurs dans la société et s’est prononcé en faveur d’une "nouvelle
évangélisation de la foi et d’une redécouverte de la véritable liberté".
Le président de la Conférence épiscopale allemande a insisté sur l’enseignement moral de l’Eglise. Celle-ci doit bien expliquer, a-t-il dit, que
les orientations morales qu’elle enseigne ne conduisent pas à la dépendance
et à la servitude, mais à la liberté véritable. "Or, a encore relevé Mgr
Lehmann, dans le domaine de la sexualité et du mariage, l’Eglise a l’impression de ne plus dire des choses qui apparaissent plausibles. Les orientations et les normes morales qu’elle défend à propos de la sexualité, du
mariage et de la famille ne sont pas reçues comme découlant de ses convictions chrétiennes, mais comme empiètement sur la liberté. Et c’est précisément là qu’est le danger, a signalé Mgr Lehman: on risque de faire un mauvais usage de la liberté en rejetant et en abandonnant des valeurs fondamentales.
Concluant son exposé, Mgr Lehmann n’a pas caché son inquiétude quant à
la transmission des convictions religieuses à la génération montante: La
communication est "coupée sur une large échelle", a-t-il constaté. Il a
également reconnu qu’une nouvelle évangélisation est particulièrement difficile à entreprendre dans une société qui croit connaître le christianisme
et qui, jusque dans ses structures sociales, a été, de fait, inspirée par
lui. (apic/cip/kna/pr)