"Toute forme d’autoritarisme est suspecte" en démocratie, relève Mgr May
Rome, 9mars(APIC/CIP) Le contexte culturel particulier dans lequel "vivent et travaillent" les évêques américains a été évoqué par Mgr John May,
président de la Conférence épiscopale des Etats-Unis, lors de son discours
prononcé devant les participants de la rencontre qui réunit actuellement au
Vatican 35 évêques américains, le pape et des cardinaux chefs de dicastères
de la curie romaine. Selon Mgr May, beaucoup d’Américains voient dans l’enseignement de l’Eglise "un signe de contradiction" et considèrent le "droit
divin" des évêques aussi dépassé que l’était naguère celui des rois.
Après l’affaire Charles Curran, théologien de l’Eglise catholique à qui
Rome a retiré la permission d’enseigner, décision qui fut contestée par de
nombreux Américains, Mgr May a relevé que "l’esprit démocratique fait que
toute forme d’autoritarisme est suspecte et la liberté individuelle hautement respectée. Cela vaut aussi pour l’enseignement de la doctrine et de
la morale", a-t-il ajouté.
Prennant la parole après Jean Paul II, qui avait ouvert les débats, Mgr
May a expliqué: "Nous voulons raconter ce que nous voyons et entendons
lorsque nous nous promenons dans les rues de notre pays". Et d’énumérer à
ce propos les différentes caractéristiques de la société américaine, et notamment le pluralisme et le respect des libertés.
Sur la question du pluralisme, le président de la conférence épiscopale
américaine a illustré son propos par une image concrète: aux Etats-Unis, at-il dit, "se côtoient dans une même rue une famille noire baptiste qui a
gardé ses racines africaines, un couple cambodgien qui a quitté l’Indochine
tout en restant fidèle à sa foi bouddhiste, une famille juive émigrée
d’URSS, des réfugiés polonais et latino-américains qui, à la recherche d’un
logement, s’adressent à la paroisse catholique locale...
Le principe de la séparation entre l’Etat et l’Eglise, qui fait partie
de la tradition américaine, ne peut par ailleurs s’accommoder de la présence d’une "Eglise établie". Aucune religion particulière n’est donc privilègiée, et c’est au bénéfice de la religion elle-même, a en outre souligné
Mgr May.
Si la "religion organisée" est très présente aux Etats-Unis, elle repose
sur la libre initiative. Les églises, temples et autres lieux de culte des
différentes religions sont donc construites grâce à la volonté du peuple,
en collaboration avec les institutions religieuses, a conclu Mgr May, après
avoir souligné l’influence des médias et expliqué qu’il n’y avait aucune
entrave à la liberté de pensée et aucune forme de censure, "d’ou la diffusion dans la société américaine de valeurs matérialistes, sécularistes et
hédonistes". (apic/cip/jt/pr)