Guerre préventive contre l’Irak: "inadmissible" et "illégale"
Rome, 28 février 2003 (Apic) Le Saint-Siège poursuit son offensive en faveur de la paix, afin d’éviter la guerre que s’apprête à livrer Washington contre l’Irak. Jeudi soir, Mgr Tauran a rencontré les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège pour rappeler la position de l’Eglise catholique au sujet de la crise irakienne, maintes fois défendues par le pape Jean Paul II.
Le prélat s’est notamment adressé aux Etats-Unis et à leurs alliés favorables à une attaque armée en Irak, pour souligner et redire qu’une guerre préventive serait "inadmissible" et "illégale". Toute intervention militaire doit se faire dans le cadre des Nations Unies, a-t-il ajouté, en dénonçant de nouveau une action "unilatérale" des Etats-Unis.
A la demande des ambassadeurs eux-mêmes, le "ministre des Affaires étrangères" du Vatican a donc reçu une grande majorité des représentants des Etats accrédités auprès du Saint-Siège, dans la soirée du 27 février 2003. Au cours de la rencontre, Mgr Jean-Louis Tauran a rappelé l’urgence de désarmer l’Irak et l’importance d’épuiser toutes les ressources diplomatiques avant une éventuelle guerre.
Arrivés à 18h30 dans un défilé de voitures diplomatiques, les quelque 100 ambassadeurs - sur les 174 au total - se sont retrouvés dans la Maison Sainte Marthe du Vatican, où les attendait le numéro deux de la diplomatie vaticane.
Le diplomate français a alors lu pendant près d’une demi-heure - en français puis en anglais - un texte reprenant en plusieurs points la position de l’Eglise concernant la crise irakienne. Aucun débat n’a eu lieu.
Parmi ces thèmes, Mgr Tauran a rappelé l’urgence du désarmement de l’Irak. Profitant de la présence de l’ambassadeur de ce pays au milieu de l’assemblée, il a en outre insisté pour que le travail des inspecteurs de l’ONU soit respecté, proposant à cette occasion que le nombre de ces derniers soit augmenté pour accélérer le processus.
Le Saint-Siège est un des rares pays d’Occident à avoir conservé ses relations diplomatiques avec l’Irak, après la guerre du Golfe en 1991.
Offensive tous azimuts pour la paix
Après avoir rappelé aux Etats-Unis et à leurs alliés favorables à une attaque armée en Irak qu’une guerre préventive serait "inadmissible" et "illégale", le prélat a demandé à ce que tous les moyens diplomatique soient mis en oeuvre avant une éventuelle attaque, qui ne pourrait se faire qu’en "ultime recours".
Cette audience avait été demandée par les ambassadeurs eux-mêmes, qui souhaitaient connaître le contenu des rencontres entre Jean Paul II et différents hommes politiques, ces derniers jours au Vatican.
Le 14 février, Mgr Jean-Louis Tauran avait déjà reçu les ambassadeurs des pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’ambassadeur de Grèce près le Saint-Siège était également présent, assurant la présidence de l’Union européenne.
Dans la matinée du 27 février, Mgr Renato Martino avait par ailleurs reçu une vingtaine d’ambassadeurs européens à l’ambassade de Grèce. Le président du Conseil pontifical Justice et Paix aurait également rencontré dans la journée l’ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, Jim Nicholson, rapportent vendredi la presse italienne. (apic/imedia/pr)