Rome: le Vatican rappelle à l’OIT que la tutelle des (230693)
Mise en garde contre le laisser-faire qui profite toujours aux plus forts
Rome/Genève, 23juin(APIC) L’Organisation Internationale du Travail doit
aider les Etats et les partenaires sociaux "à dépasser leurs intérêts à
court terme et les protectionnismes stériles et à ne pas succomber à la
tentation du laisser-faire qui profite toujours aux plus forts": C’est ce
qu’a souligné Mgr Paul Fouad Tabet, observateur permanent du Saint-Siège
auprès des Nations-Unies et d’institutions spécialisées à Genève, dans un
discours prononcé à la 88e session plénière de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
Dans son allocution, Mgr Tabet a indiqué que le Saint-Siège "apprécie le
fait que d’autres critères que ceux de la rentabilité économique interviennent pour la protection des familles, des chômeurs, des malades, des personnes âgées ou handicapées ou de tous ceux qui se trouvent en situation de
vulnérabilité".
Le représentant du Saint-Siège a rappelé que les papes, par leurs encycliques, ont tenu à souligner que "chaque être humain" doit pouvoir bénéficier "en toute circonstance" d’un niveau de vie conforme à sa dignité de
personne. "L’élaboration lente mais réussie de systèmes de protection sociale dans certains pays et les ébauches qui sont esquissées dans d’autres
pays, malgré une situation économique fragile, constitue un effort remarquable de mise en oeuvre effective des droits de l’homme", a-t-il ajouté.
Pour une protection sociale "la plus large possible"
La délégation du Saint-Siège "souscrit entièrement aux conclusions du
Directeur général concernant la nécessité de donner la priorité à une protection sociale la plus large possible, surtout dans les pays en développement. Les dépenses sociales méritent qu’on leur accorde l’attention voulue
pour des raisons humanitaires certes, mais aussi par nécessité économique,
dans la mesure où une véritable croissance dépend de la mise en valeur de
toutes les ressources humaines", a expliqué Mgr Tabet.
Raison pour laquelle, a-t-il ajouté, "l’existence d’une situation de
pauvreté ne peut dispenser, un Etat dont la mission est précisément d’assurer un niveau de vie minimum à l’ensemble de la population, de mettre en
place une protection sociale qui demeure un élément essentiel de la lutte
contre la pauvreté".
Non à l’exclusion
Le représentant du Saint-Siège a souligné le rôle clé que doit jouer
l’Organisation internationale du Travail. "L’OIT a essentiellement à nos
yeux la responsabilité d’aider la communauté internationale et les Etats à
mettre en oeuvre la solidarité et le partage entre nantis et déshérités".
Un rôle de conscientisation également dans la mise en oeuvre de la solidarité et du partage au niveau mondial: "D’une manière plus globale, a
indiqué Mgr Tabet, il importe de rappeler que l’OIT a actuellement une
mission de mobilisation de l’opinion mondiale afin d’inviter à prendre au
sérieux cette question cruciale de l’exclusion des pauvres et à chercher
activement des solutions.
Elle doit dans ce but aider les Etats et chacun des partenaires sociaux
à dépasser leurs intérêts à court terme et les protectionnismes stériles, à
ne pas succomber à la tentation du laisser-faire qui profite toujours aux
plus forts et à rappeler que la tutelle des pauvres est le fondement éthique d’une économie de progrès social. (...) C’est à un niveau mondial
que nous sommes appelés à mettre en oeuvre la solidarité et le partage".
(apic/cip/cb/pr)