propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles"
Rome, 23juillet(APIC) Le Vatican admet-il que les homosexuels fassent
l’objet de discrimination? Devant les critiques suscitées par un document
que la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi a fait parvenir récemment à ce propos aux évêques américains, le Vatican a décidé de rendre
public un texte dont des journalistes de Washington ont déjà fait une présentation critique. Le document rendu public jeudi 23 juillet à Rome est
une version légèrement révisée du texte dont le "Washington Post" s’est
fait l’écho il y a une semaine.
Récemment transmis aux évêques américains, ce texte traduit les préoccupations de la Congrégation pour la doctrine de la foi devant les propositions de loi qui, à travers le monde, s’élaborent actuellement sur la nondiscrimination des personnes homosexuelles. Après avoir étudié le dossier,
la Congrégation romaine a jugé bon d’émettre une série d’observations pouvant être utiles aux catholiques amenés à prendre part aux discussions sur
de telles propositions de loi.
Ces observations s’appuient d’ailleurs sur un document antérieur, qui
avait été envoyé en 1986 à l’ensemble des évêques de l’Eglise catholique et
qui porte sur l’accompagnement pastoral des personnes homosexuelles. Elles
n’ont pas le statut d’"Instruction" officielle, mais ont été conçues comme
"outil" de base pour aider les catholiques. Ce sont simplement, comme l’indique le titre du document, des "considérations" relatives "aux propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles".
Dans plusieurs pays, rappelle l’introduction du document, la législation
a été modifiée pour rendre illégale toute discrimination pour des motifs de
nature sexuelle. Dans certaines villes, les autorités ont permis à des couples homosexuels d’avoir accès à des habitations sociales jusque là réservées aux familles.
Un "désordre objectif"
Or, dans son document de 1986, la Congrégation pour la doctrine de la
foi avait déjà souligné que "l’inclination particulière de la personne homosexuelle, bien qu’elle ne soit pas un péché en soi, constitue tout de même une tendance plus ou moins forte vers un comportement intrinsèquement
mauvais du point de vue moral. Pour ce motif, l’inclination même doit être
considérée comme objectivement désordonnée". Dans la même ligne, le texte
transmis aux évêques américains précise que "l’inclination homosexuelle ne
peut être comparée à la race ou à l’origine ethnique", car cette tendance
constitue un "désordre objectif".
Le Vatican met les évêques en garde: on tente, leur explique-t-il, de
"manipuler l’Eglise en cherchant à obtenir, souvent avec bonne foi, le soutien de ses pasteurs en vue de changer les normes de la législation civile". Le but serait alors, selon le Vatican, "d’adapter la législation à la
conception selon laquelle l’homosexualité est au moins une réalité parfaitement inoffensive, sinon totalement bonne".
Discrimination?
Pour la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le simple fait de tenir
compte de la tendance sexuelle n’équivaut pas toujours et partout à une
"discrimination injuste". Le Vatican cite à ce propos le choix d’une famille d’adoption pour les enfants, l’embauche d’enseignants ou d’entraîneurs
sportifs, le service militaire. Ceci dit, ajoute la Congrégation romaine,
les personnes homosexuelles ont les mêmes droits que toute autre personne
humaine, y compris le "droit de ne pas être traitée d’une manière qui porte
atteinte à leur dignité personnelle. Elles ont donc aussi "le droit au travail" et "le droit au logement". Ces droits, cependant, ne sont pas absolus: ils peuvent ainsi être limités, précise le document romain, "en raison
d’un comportement externe objectivement désordonné". Parfois, une telle
"discrimination" non seulement est "licite", mais, insiste le Vatican, "elle s’impose".
Inversement, vouloir rendre illégale toute discrimination envers les homosexuels serait, selon le Vatican, faire de l’homosexualité une "source
positive de droits humains". On en arriverait ainsi, par exemple, à un
traitement préférentiel des homosexuels dans les pratiques d’embauche. Le
Vatican craint, en définitive, que les législations moins discriminatoires
envers les homosexuels n’aboutissent "facilement sinon automatiquement" à
"la protection légale et la promotion de l’homosexualité". Or, ajoute le
magistère de l’Eglise catholique, "il n’y a pas de droit à l’homosexualité".
Le minimum pour la famille
Ce n’est pas pour les homosexuels, mais pour "la famille" et la vie familiale que la Congrégation pour la doctrine de la foi réclame l’"attention
maximale".
En attendant, dans les propositions de loi actuelles qui se veulent plus
favorables aux homosexuels, le "bien commun" est en jeu, souligne le document du Vatican, qui stipule, à l’attention des évêques: "Il n’est pas
opportun que des autorités ecclésiales soutiennent une législation négative
ou restent neutres, même si cette législation accorde des exceptions aux
organisations et aux institutions de l’Eglise".
"L’Eglise, conclut le document, à la responsabilité de promouvoir la vie
de famille et la moralité publique de toute la société civile, sur la base
des valeurs morales fondamentales, et non seulement de se protéger contre
les conséquences de lois pernicieuses". (apic/cip/jt/pr)