Rome: le Vatican intervient sur la question du carmel d’Auschwitz (190989)
au financement de la construction du Centre
Rome, 19septembre(APIC) Le Vatican est intervenu mardi 19 septembre sur
la question du carmel d’Auschwitz. Dans un communiqué publié par la Commission pour les rapports avec le judaïsme, et signé de son président, le cardinal hollandais Johannes Willebrands, le Vatican dit accueilir positivement l’"intention exprimée de procéder à l’établissement d’un Centre d’information, de rencontres, de dialogue et de prière, ainsi que le prévoit la
déclaration de Genève de février 1987". Le Vatican déclare en outre être
disposé à apporter sa participation financière à la réalisation du centre.
Le Vatican relève de plus avoir "pris acte avec satisfaction du communiqué publié le 6 septembre 1989 par Mgr Henryk Muszynski, président de la
Commission de l’épiscopat polonais pour le dialogue avec le judaïsme". Selon le communiqué, le Saint-Siège est convaincu que la construction du Centre d’information, de rencontres, de dialogue et de prière, contribuerait
de manière significative au développement des bonnes relations entre les
chrétiens et les juifs.
Contribution financière
Le communiqué cite ensuite le pape Jean Paul II qui, dans une allocution faite le 24 juin 1988 à la communauté juive de Vienne, avait exprimé
l’espoir que "ce centre produise de féconds résultats et serve de modèle à
d’autres nations". "La prière et la vie consacrée des carmélites, peut-on
lire dans le communiqué, dont le monastère sera en quelque manière au coeur
de ce centre, contribueront de façon décisive à sa réussite". Abordant en
conclusion la question du financement du carmel, le communiqué exprime la
disponibilité du Saint-Siège à apporter sa contribution: "Afin de soutenir
la réalisation de ce projet important mais coûteux le Saint-Siège est disposé à apporter sa propre participation financière".
Le problème du financement avait été soulevé par le primat de Pologne,
le cardinal Glemp, lors d’une interview accordée en ce début septembre à la
presse italienne: "Notre peuple, avait-il déclaré, qui traverse une crise
économique si grave, ne peut se permettre de construire un centre qui coûte
au moins 2 millions de dollars". Les cardinaux Lustiger, Decourtray et Danneels, signataires des accords de Genève en compagnie de l’archevêque de
Cracovie, le cardinal Macharski, avaient réagi à cette déclaration en déclarant que "les signataires catholiques se sont engagés à ne pas faire peser le financement sur le diocèse de Cracovie et encore moins sur la
Pologne".
Dans le communiqué du 6 septembre, cité par la Commission que préside le
cardinal Willebrands, la Commission de l’épiscopat polonais pour le dialogue avec le judaïsme avait souhaité la reprise du dialogue entre catholiques et juifs en Pologne "dans l’esprit des rencontres de Genève sans conditions supplémentaires". Le document relevait aussi que le conflit relatif
à la question du carmel d’Auschwitz avait provoqué la quasi complète interruption du dialogue judéo-chrétien dans le monde. "Renouer ce dialogue ne
semble pas possible sans résoudre un tel confit", pouvait-on lire dans ce
document, qui ajoutait: "Tout cela confirme l’urgente nécessité de construire le Centre interreligieux d’information, de rencontre, de dialogue et
de prière ensemble avec un nouveau couvent pour les carmélites d’Auschwitz.
L’idée du centre n’a pas rencontré l’intérêt voulu et la compréhension de
la part des juifs". (apic/jt/pr)