Rome: le Vatican en faveur d’un embargo plus souple contre l’Irak (160293)
Rome, 16février(APIC) Le Vatican s’engage pour une flexibilité plus grande dans l’application de l’embargo de l’ONU contre l’Irak. "L’embargo aggrave chaque jour la situation humanitaire du pays" a souligné Mgr Raffaele
Martino, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, dans une
interview au journal italien "30 Giorni". Selon Mgr Martino, le recours à
des sanctions ne peut pas conduire en soi à un dialogue. Dans une situation
de total isolement, le premier geste doit être fait par le vainqueur et non
par le vaincu. Les sanctions de l’ONU et la rareté des biens ont provoqué
une inflation annuelle de 8000% en Irak.
Le Vatican a renouvelé son inquiétude concernant la durée de l’embargo
dont les premières victimes sont les populations civiles, en particulier
les plus pauvres. Les médicaments se font rares, tandis que les maladies et
la malnutrition sont en hausse. Beaucoup d’enfants ont quitté l’école pour
effectuer des petits travaux pour survivre. On sait par ailleurs que discrètement de nombreux hommes d’affaires se rendent déjà en Irak, malgré
l’embargo, pour prendre des parts de l’appréciable gâteau commercial à partager lorsque les sanctions seront levées. Avant la guerre, l’Irak importait pour 20 à 25 milliards de dollars de marchandises et exportait pour 15
à 17 milliards de pétrole. Les sociétés occidentales souhaitent en outre
récupérer les biens confisqués par Saddam Hussein.
Peu optimiste sur l’avenir de l’ex-Yougoslavie
A propos des négociations de paix pour la Bosnie-Herzégovine, le diplomate du Vatican a relevé que le Saint-Siège, comme pour la Somalie et
l’Irak, s’est toujours placé sur un plan purement humanitaire. Pour Mgr
Martino, le climat aux Nations Unies concernant l’aboutissement des négociations sur l’ex-Yougoslavie est peu optimiste. Il doute lui-même qu’on
puisse obtenir à New York ce qui n’a pas été obtenu à Genève. Le Vatican
n’a pas à prendre position à propos du projet de partition en dix "cantons"
de la Bosnie-Herzégovine, car il n’est pas compétent pour "les questions
techniques". Le diplomate a qualifié cependant de "dernière chance" les négociations au siège de l’ONU. Si tous les autres moyens n’ont pu être efficaces, les Etats ont le devoir de désarmer l’aggresseur, a-t-il conclu.
(apic/cic/mp)