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    Rome: le Vatican démonte "l’idéologie de la crise démographique" (130594)

    Document du Conseil pontifical pour la famille

    Rome, 13mai(APIC) Le Conseil pontifical pour la Famille a publié vendredi

    un document de 68 pages qui fait le point sur les "Evolutions démographiques: dimensions éthiques et pastorales". Le Vatican s’élève contre ce

    qu’il appelle une "lecture alarmiste" de la situation, une "idéologie de la

    peur de la vie".

    Le document est divisé en trois parties consacrées respectivement aux

    réalités démographiques actuelles, aux attitudes à leur égard et à la position éthique et pastorale de l’Eglise catholique.

    Le texte s’inscrit dans le cadre des nombreuses initiatives du SaintSiège concernant l’Année Internationale de la Famille et, même si elle

    n’est pas mentionnée, de la prochaine Conférence du Caire sur la population

    et le développement, dont la préparation a soulevé une opposition catholique très ferme à l’idée de promouvoir le recours à l’avortement.

    Le document du Vatican s’élève en particulier contre ce qu’il appelle

    une "lecture alarmiste" de la situation, doublée d’une "idéologie de peur

    de l’avenir et de méfiance de l’homme". Car - toute la première partie est

    consacrée à cet aspect des choses - il n’y a aucun lien évident entre sousdéveloppement et croissance démographique, même là où celle-ci est très

    forte. En effet, de nombreux pays pauvres "possèdent des ressources naturelles considérables".

    Le sous-développement est lié, estime le Conseil pour la Famille, aux

    "relations internationales" et à la mauvaise gestion des ressources. "Les

    pénuries alimentaires mises en exergue ces dernières années dans les médias

    ont résulté de guerres, de luttes fratricides, comme ce qui peut se voir

    actuellement dans différents pays, ou de mauvaise gestion, étatique ou privée, beaucoup plus que de l’inclémence du climat ou d’autres causes naturelles". Depuis la découverte de la pomme de terre, qui a provoqué "une

    véritable révolution de l’alimentation" jusqu’à la "révolution verte",

    l’initiative de l’homme a permis des progrès qui sont loin de s’épuiser.

    Pas de lien entre environnement et population

    Le Conseil estime qu’il n’y a pas non plus de lien entre l’environnement

    et la population. Il rappelle à ce propos que les technologies de l’Europe

    de l’Est et du tiers monde sont bien plus polluantes que celles des pays

    développés. En fait, "ce sont les modèles de production et de consommation,

    ainsi que les types d’activité économique, qui déterminent la qualité de

    l’environnement".

    Chantage

    Le document dénonce aussi dans sa deuxième partie les pressions des pays

    riches et des grandes organisations internationales. Ils "sont certes disposés à aider économiquement ces pays, mais à une condition: qu’ils acceptent des programmes de contrôle systématique de leur natalité".

    Le texte reconnaît comme un fait avéré qu’"il existe un vaste réseau international d’organisations bien pourvues financièrement qui visent à la

    réduction de la population".

    Les méthodes artificielles de contraception sont réunies sous quatre

    chefs: contraception hormonale, stérilisation, avortement et infanticide.

    Sur ce dernier point, le document souligne qu’il est "toujours pratiqué

    dans certains pays afin de contrôler la situation" et que "les filles en

    sont le plus fréquemment les innocentes victimes".

    Une doctrine cohérente

    La doctrine papale en la matière est présentée, dans la troisième partie, comme "un corps de doctrine comportant plusieurs volets", dont on souligne la cohérence depuis Jean XXIII jusqu’à Jean-Paul II.

    Le Vatican ne nie pas qu’il y a des problèmes, et le document affiche

    une réelle ouverture: "L’Eglise souhaite entretenir un dialogue constructif

    avec ceux qui restent convaincus de la nécessité de mettre en oeuvre un

    contrôle impératif des populations et avec les gouvernements et institutions qui se préoccupent de politiques de la population, car il y a des

    problèmes démographiques réels, même s’ils sont souvent envisagés d’un

    point de vue erroné et si des solutions perverses sont souvent proposées

    pour le résoudre".

    Chrétiens piégés dans des "attelages disparates"

    Le texte conclut en soulignant qu’il n’y a pas de compromis possible

    avec les politiques contraceptives. A ce propos, le Vatican regrette que

    des chrétiens se laissent abuser: "Il arrive que des organisations favorables au contrôle des populations par des moyens illicites compromettent délibérément des chrétiens dans leurs activités. Ainsi, les chrétiens peuvent

    être invités à participer à des projets ou à des programmes d’action portant sur des thèmes assez généraux, comme par exemple le développement ou

    l’environnement, alors qu’en fait le but véritable de ces initiatives est

    de promouvoir l’idéologie de la peur de la vie et d’y impliquer des chrétiens en les fourvoyant dans des attelages disparates" (apic/sv/pr)

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