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    Méthode de suspicion dénoncée

    Rome: Le théologien Jon Sobrino rejette les critiques du Vatican

    Rome, 22 mars 2007 (Apic) Le jésuite d’origine espagnole vivant au Salvador, Jon Sobrino, théologien de la libération, censuré par le Vatican pour ses thèses sur Jésus, réfute les accusations portées contre lui.

    Le jésuite vivant au Salvador, Jon Sobrino déclare dans une lettre publiée sur le site internet du vaticaniste italien Sandro Magister (chiesa.espresso.repubblica.it), qu’il ne se sent pas du tout concerné par le jugement porté sur ses thèses par la Congrégation vaticane pour la doctrine de la foi. La lettre adressée à son supérieur, le général des jésuites Peter Hans Kolvenbach, porte la date du 13 décembre 2006. La notification de la Congrégation pour la doctrine de la foi publiée le 13 mars par le Vatican était elle-même datée du 26 novembre. Les thèses sur Jésus développées par Jon Sobrino dans deux de ses livres y étaient jugées non conformes à la doctrine de l’Eglise. L’évêque de San Salvador avait alors retiré au religieux ses chaires d’enseignement dans les universités catholiques.

    Si le Vatican reconnaît le travail du Père Sobrino avec les pauvres, il lui reproche "d’appauvrir Jésus" en méconnaissant sa divinité et en ne voyant en lui qu’un homme, fût-il un libérateur exemplaire. L’autre grand reproche formulé à son encontre concerne la minimisation de la valeur salvatrice de la mort de Jésus.

    Dans sa réponse, le jésuite déclare qu’il n’est pas facile de dialoguer avec la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celle-ci lui semble obsédée par la recherche d’erreurs, et son jugement est souvent teinté d’ignorance, de préjugés et de l’obsession d’en finir avec la théologie de la libération. Il signale aussi que ses livres incriminés avaient obtenu l’imprimatur du cardinal Paulo Evaristo Arns, alors archevêque de Sao Paulo. Il révèle enfin avoir reçu le soutien de nombreux théologiens faisant autorité, en particulier du jésuite français Bernard Sesbouë, consulteur du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et ancien membre de la Commission théologique internationale. Ce dernier a écrit que la méthode soupçonneuse utilisée par la Congrégation de la foi pourrait "lire bien des hérésies dans les encycliques de Jean Paul II".

    Au nom des pauvres et au nom de Jésus

    Pour le Père Sobrino se soumettre aujourd’hui à la sentence émise par la Congrégation "serait peu utile aux pauvres de Jésus et à l’Eglise des pauvres". Cela reviendrait à céder à trente ans de diffamation et de persécution contre la théologie de la libération et à faire triompher des méthodes qui "ne sont pas toujours honnêtes et évangéliques."

    La théologie de la libération dont se réclame Jon Sobrino a connu un grand développement en Amérique latine. Elle veut unir la défense des valeurs chrétiennes à la lutte pour les droits des plus défavorisés (indigènes, paysans sans terre, prolétaires...). Elle avait été condamnée par le Vatican alors que la Congrégation pour la doctrine de la foi était dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger, l’actuel pape Benoît XVI. (apic/ag/js)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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