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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Trois évêques et trois théologiens s’expriment

    Rome: le synode africain a stimulé l’espérance (060594)

    Rome, 6mai(APIC) Sur le thème "Bilan et prospectives", trois évêques et

    trois théologiens africains ont livré à la presse leurs impressions et les

    motifs qui fondent leur optimisme au moment où prend fin le Synode africain.

    Mgr Anselme Sanon, président de la Conférence épiscopale de l’Afrique de

    l’Ouest francophone (CERAO), a souligné la valeur historique de la rencontre: "C’est la première fois qu’un continent entier peut débattre de tous

    ses problèmes." Faisant allusion aux appréhensions qui existaient avant la

    rencontre, il a poursuivi: "Les anges ont enlevé les peurs qui nous étaient

    données par je ne sais quel démon." L’Eglise d’Afrique s’est dite avec ses

    ombres et ses possibilités, elle a analysé son champ apostolique et a mis

    en place une structure d’approche qui sera utile dans le dialogue Nord/Sud,

    le dialogue Sud/Sud et les relations des Eglises avec les Etats.

    Un conseil post-synodal a été institué pour veiller à la mise en oeuvre

    des travaux de l’Assemblée. Il est composé de 12 membres, dont 9 ont été

    élus par les Pères synodaux mercredi (leur noms seront connus ce vendredi)

    et 3 ont été nommés par le pape. Au niveau local, "chaque Père synodal fera

    arriver à la base ce qu’il a entendu."

    Jeunesse et maturité

    Interrogé sur la nouveauté apportée par ce Synode, Mgr Sanon a parlé de

    la liberté acquise par l’Eglise africaine: "Elle n’est plus jeune au sens

    de mineure, mais elle a conscience de sa maturité et de ce qu’elle apporte

    à toute l’Eglise". Et Mgr Sanon d’évoquer notamment le thème théologique de

    l’Eglise comme famille de Dieu.

    Mgr Simon Ntamwana, évêque de Bujumbura, s’est réjoui de "l’expérience

    de communion ecclésiale" que le Synode a suscitée depuis les premières étapes de sa préparation. La "quintessence de la foi à la base" est remontée

    "jusqu’au sommet" et, entre évêques, "nous avons porté toutes nos Eglises

    ensemble; la rencontre avait une saveur démocratique; chacun a pu dire ce

    qu’il pense et être accueilli". L’évêque de Bujumbura a souligné l’espérance suscitée par ce Synode, qui "peut être une évolution dans l’Eglise

    d’Afrique et aussi dans l’Eglise universelle".

    Une parole libre

    Mgr Jean-Guy Rakotondravahatra, évêque d’Ihosy et président de la Conférence épiscopale de Madagascar, a exprimé sa joie d’avoir participé à ce

    Synode. "Insulaires, nous avons toujours avantage à nous ouvrir", dit-il.

    L’évêque malgache, qui avait déjà participé au Synode de 1974 sur l’évangélisation, estime qu’un grand chemin a été parcouru depuis: "En 1974, nous

    avions un peu peur des conséquences de nos paroles; on sentait beaucoup de

    mises en garde, notre liberté était liée. Cette année, on nous a laissé une

    liberté entière. Le dialogue a été confiant, une prise de conscience s’est

    faite ensemble: nos problèmes sont semblables. Il y a vingt ans, l’inculturation était une revendication, aujourd’hui, la route est largement ouverte

    et les évêques sont encouragés à trouver des réalisations concrètes."

    "Les évêques, a conclu l’évêque d’Ihosy, ont osé affronter la situation

    dramatique du continent. Ils ont reconnu la responsabilité des Malgaches et

    des Africains eux-mêmes, mais ils ont aussi adressé une interpellation aux

    pays nantis qui sont "un peu beaucoup" à l’origine de la situation de

    l’Afrique... Le Synode a donné un nouvel élan à notre Eglise pour être au

    service du peuple malgache".

    Le cri des femmes

    Dans une certaine mesure, l’avis des trois théologiens qui se sont exprimés ensuite rejoint l’optimisme des évêques.

    Soeur Bernadette Mbuy, vice-présidente de l’Association oecuménique des

    théologiens du tiers monde, avoue qu’en arrivant à Rome elle craignait que

    les souffrances dont les femmes africaines sont victimes ne seraient pas

    prises en compte par le Synode. Depuis lors, elle a reçu l’assurance que le

    cri des femmes a été entendu et que la discrimination envers elles sera dénoncée: "L’Eglise est réellement notre maison à tous, elle est ma maison,

    je ne suis pas une esclave." Le principe est acquis, mais il doit pouvoir

    être vécu au quotidien. "Nous sommes prêts à marcher avec nos pères, il

    faut oser la liberté de la femme pour construire l’Eglise de demain", ajoute la religieuse.

    Les vraies questions

    Pour l’abbé Jean-Adalbert Nyene Tese, vice-recteur des Facultés catholiques de Kinshasa, le Synode a permis de faire le point des questions qui se

    posent, de fixer des priorités pastorales et de renforcer le sentiment de

    marcher et chercher ensemble. "Les relations Sud/Sud que nous avons expérimentées sont capitales dans l’Eglise", dit-il.

    Quant au jugement sur le résultat global du Synode, le professeur Nyeme

    est plus nuancé que ses deux confrères: tout dépend des attentes avec lesquelles chacun venait: "Reste à présent à traduire les visées du Synode

    pour qu’elles deviennent la propriété de la base". Et d’ajouter: "Comme

    théologien africain, notre objectif est de répondre aux questions qui se

    posent chez nous et non à celles qui ne s’y posent pas".

    Concernant les tensions qui ont parfois existé entre évêques et théologiens, Mgr Sanon a estimé que "la division entre théologiens et évêques

    n’est pas africaine; dans une Eglise-famille, chacun a un rôle à jouer; il

    existe des charismes divers, dont celui de la théologie. La théologie ne se

    fait pas pour l’individu, mais pour la communauté."

    Théologie de la libération

    A une question portant sur l’Eglise des pauvres et sur la version africaine de la théologie de la libération, deux réponses très différentes ont

    été apportées. Pour Mgr Ntamwana (Bujumbura), les communautés de base sont

    très différentes en Afrique et en Amérique latine. En Afrique, elles ne

    comportent pas de contestation sociale, tandis qu’en Amérique latine elles

    s’inspirent du marxisme et incluent une option de violence.

    Par contre, pour le Père Mveng, jésuite camerounais, la question de la

    libération est directement liée à la pertinence de l’Evangile et de l’Eglise pour les peuples opprimés. La théologie de la libération en Afrique et

    celle de l’Amérique latine n’ont pas la même origine. La libération latinoaméricaine veut se libérer de l’impérialisme du capitalisme du Nord et pour

    cela a utilisé l’analyse marxiste. "Nous avons l’impression que l’Europe a

    mal compris la théologie de la libération et a été injuste dans ses condamnations", explique le théologien camerounais.

    En Afrique, la théologie de la libération pose la question de Dieu: "Le

    même Evangile peut-il être bonne nouvelle de salut pour les Blancs qui tuent et exploitent et pour les Noirs qui sont tués et exploités?" Quand

    l’Occident s’est senti menacé par le marxisme, il s’est mobilisé. Aujourd’hui, c’est tout le tiers monde qui est menacé. Il faut que tous les

    chrétiens s’unissent pour abolir cet ordre anti-évangélique. Il faut, a

    conclu le P. Mveng, des encycliques et des excommuncations, comme on l’a

    fait jadis avec le marxisme... (apic/cip/pr)

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