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    Ont pourrait connaître son âge exact avant la fin de 1988

    Rome: le Saint-Suaire de Turin sous la loupe des scientifiques (060988)

    Rome, 6septembre(APIC/CIP) L’exposition sur le Saint-Suaire de Turin, qui

    se tient actuellement au Château Saint-Ange à Rome, est l’occasion pour les

    scientifiques de faire le point sur l’état actuel des recherches concernant

    le linceul. L’exposition, qu’on a déjà pu voir dans différents pays, montre

    une cinquantaine de photos du linceul et indique au public, à partir de ces

    vues, les conclusions auxquelles est parvenu le groupe international de

    scientifiques qui s’est constitué en 1976 pour examiner les différents problèmes posés par le Saint-Suaire.

    Le suaire de Turin est une toile de lin de 4,4 mètres de long et de 1,10

    mètre de large. Sur cette toile, tissée d’une seule pièce, se trouve imprégnée, mais en négatif, l’image d’un homme qui a visiblement été flagellé

    et crucifié. Cette image est exceptionnellement bien conservée.

    La tradition considère que l’homme ainsi représenté n’est autre que

    Jésus, dont les Evangiles attestent explicitement la crucifixion en Judée,

    au temps du préfet romain Ponce-Pilate. Le suaire, cependant, ne constitue

    pas une preuve formelle que le corps du crucifié qu’il a contenu était bien

    celui de Jésus. Il pourrait s’agir d’un autre crucifié, mort à peu près à

    la même époque et dans la même région ou dans une région voisine. Ce qui

    n’empêche pas que le linceul puisse évoquer pour les chrétiens la Passion

    de Jésus et donc être, à ce titre, un signe particulièrement parlant.

    Certains scientifiques prétendent parfois - mais sans avoir examiné le

    linceul - que le Saint-Suaire de Turin est un faux. Il est vrai, répond le

    professeur Riggi, vice-président du groupe international chargé de l’examen

    du linceul, que faute de renseignements précis sur le physique de Jésus de

    Nazareth, on ne pourra jamais prétendre, pas même à la suite d’un examen

    scientifique, que le Saint-Suaire de Turin garde la trace du crucifié du

    Golgotha et non d’un autre crucifié. Quant à dire qu’il s’agit d’un faux,

    cette insinuation ne tient pas debout: l’image intégrale de l’homme, les

    traces de sang et de coups correspondent véritablement à la réalité d’un

    homme qui fut flagellé et crucifié. Il ne s’agit donc pas d’une oeuvre artistique ancienne, remontant par exemple au Moyen Age: à cette époque, les

    artistes ne connaissaient pas la technique de l’impression en négatif.

    Nouveaux examens

    C’est seulement vers 1357 que l’on trouve une trace du Saint-Suaire dans

    les documents historiques. On suppose que le linceul est arrivé en Occident

    après le pillage de Constantinople par les croisés, puisque divers

    témoignages attestent qu’il était vénéré dans cette ville. En 1453, le

    Saint-Suaire est devenu la propriété de la Maison de Savoie, qui le concerva à Chambéry, avant de le transférer à Turin en 1578. Ce n’est que récemment, en 1983, que le Saint-Suaire a été légué pour toujours au Saint-Siège

    par Umberto de Savoie. Le pape a décrété que le linceul resterait à Turin.

    L’Eglise catholique n’a jamais reconnu officiellement le Saint-Suaire

    comme relique, vu le manque d’informations qui permettraient de certifier

    que le linceul a vraiment contenu le corps du Christ. Mais l’Eglise n’est

    pas opposée à des examens pouvant conduire à une meilleure connaissance du

    linceul.

    Le 22 avril dernier, la châsse ou est conservée la toile de lin a été

    ouverte aux scientifiques, qui ont pu prélever un échantillon de 7 cm sur 1

    cm. Cet échantillon a été divisé en trois parties et les trois morceaux,

    accompagnés de six autres pièces dont on connaît la date et la provenance,

    ont été confiés pour analyses à trois laboratoires: un en Arizona, l’autre

    à Oxford et le dernier à Zurich. Les laboratoires ont pour mission de

    déterminer, à l’aide des techniques modernes, l’âge exact du linceul. On

    pourrait connaître les résultats de ces nouveaux examens avant la fin de

    cette année. (apic/cip/pr)

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