Rome: Le Saint-Siège souhaite entretenir des
Le Vatican dans l’attente de Gorbatchev
Rome, 28novembre(APIC/CIP) "L’Eglise catholique a besoin, en URSS, d’une
hiérarchie librement nommée, de séminaires légalement reconnus, d’édifices
de culte et de la liberté, pour les catholiques, d’y manifester leur foi",
a déclaré mardi Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Saint-Siège au cours
d’une conférence de presse dans le cadre de la visite, vendredi 1er décembre, du chef de l’Etat soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Le Vatican attend à
l’avenir l’établissement de contacts permanents avec l’Union soviétique, a
précisé Navarro-Valls.
Mikhaïl Gorbatchev sera reçu par Jean Paul II à 10h30. A trois jours de
l’événement, largement commenté en URSS également, le programme de la visite n’a pas été établi dans les moindres détails horaires, pour laisser une
certaine souplesse aux principaux intéressés. Selon Navarro-Valls, la visite comprendra en tout cas un entretien privé entre Jean Paul II et Mikhaïl
Gorbatchev, ainsi que des discours officiels. Cette visite durera sans doute deux bonnes heures, après quoi M. Gorbatchev quittera le Vatican pour se
rendre à l’aéroport romain de Fiumicino, où il partira à 13h.15 pour Milan.
Le dirigeant soviétique sera accompagné d’une délégation officielle dont
font partie, entre autres, outre son épouse Raïssa, le ministre des Affaires étrangères Chevarnadze, l’ambassadeur d’URSS à Rome, M. Lunkov, le maire de Moscou ainsi que Mgr Juvenaly, métropolite orthodoxe russe de Krutitsi et Kolomna.
Le Saint-Siège souhaite encore l’instauration de contacts permanents
avec l’Union Soviétique, bien qu’il n’y ait pas encore de décision concrète
concernant la forme de tels contacts, a révélé Joaquin Navarro-Valls. Enfin, ajoute-t-il, l’Eglise catholique ukrainienne, contrainte à la clandestinité depuis Staline, attend toujours sa reconnaissance légale. Notons
qu’il y a 13,5 millions de catholiques en URSS, dont quelque 5 millions appartiennent à l’Eglise catholique ukrainienne (uniate), interdite sous Staline en 1946.
Parmi les récentes améliorations survenues pour les catholiques d’URSS,
notons la consolidation de la hiérarchie en Lituanie, l’ouverture d’un nouveau séminaire dans cette République balte et la restitution d’églises. En
Estonie et en Lettonie, il y a également plus de liberté pour les catholiques, même si aucun évêque n’y a pu encore être nommé. Il y a aussi des
améliorations pour les quelque 6 millions de catholiques latins vivant dans
les autres Républiques soviétiques, a-t-il précisé, comme le démontre la
nomination en juillet dernier d’un évêque pour Minsk, en Biélorussie et la
restitution de quelques églises en Biélorussie et en Ukraine. Au Kazhakstan, en raison de l’émigration des soviétiques d’origine allemande, le
nombre des catholiques est cependant en diminution.
Il est donc vraisemblable que la plupart de ces problèmes sinon tous seront abordés directement au cours de l’entretien privé que le pape aura
avec Mikhaïl Gorbatchev. La connaissance élémentaire que Jean Paul II a de
la langue russe pourrait même permettre aux deux interlocuteurs de se passer d’interprète. (apic/jt/be)