Rome: le Saint-Siège à nouveau dans les chiffres rouges en 1992 (170692)
Rome, 17juin(APIC) Le Saint-Siège prévoit pour 1992 en déficit de près de
106 milliards de lires (126 millions de fs). Les dépenses se montent à
219,091 milliards (261 millions de fs), et les rentrées à 113,359 milliards
de lires (134 millions de fs), annonce le cardinal vénézuélien Rosalio José
Castillo Lara, dans une interview publiée mercredi par le journal italien
"Corriere della Sera". Le cardinal Castillo Lara est depuis 1989 président
de l’APSA (Administration du patrimoine du Siège Apostolique).
Pour combler ce trou financier, le cardinal vénézuélien déclare "qu’on
tentera de couvrir le déficit avec quelque 60 milliards de lires provenant
du denier de saint Pierre, et le reste grâce à des contributions des diocèses et diverses autres rentrées comme les donations spécifiques faites au
pape.
Selon le cardinal, les fidèles les plus généreux sont entre autres les
Allemands et les Américains. Ce qui manque, ajoute-t-il, c’est une formation qui fasse comprendre aux fidèles leur devoir de contribuer aux nécessités de l’Eglise, ainsi qu’une information concernant les besoins de cette
même Eglise.
Concernant de nouvelles entrées, le président de l’APSA note qu’"on
avait pensé à des obligations à un taux d’intérêt réduit: cette initiative
n’a toutefois pas encore été retenue". Mgr Castillo Lara précise en outre
que les voyages du pape ne coûtent rien à l’administration, mais qu’ils
sont financés par les Eglises particulières et par les fidèles.
A propos de l’idée généralement répandue visant à laisser entendre que
l’Eglise est riche, le cardinal observe que cette conviction est née en
raison de la grande richesse artistique du Vatican. "Le patrimoine artistique est incalculable. Economiquement parlant, il ne s’agit pas d’une vraie
richesse. Le Saint-Siège le considère comme un patrimoine de l’humanité
dont il a la garde". En réalité, assure-t-il, "plus que de sources de richesses, il s’agit de sources de frais".
Tout sur ordinateur
Le cardinal cite à ce sujet un évêque latino américain qui disait qu’il
peut faire plus avec un dollar que le pape avec la Pietà de Michel-Ange. Il
relève que l’administration, la gestion même du patrimoine est entre les
mains de laïcs. Et que les ecclésiastiques, qui sont à la direction, donnent des indications. "Il faut être attentif à ne pas avoir de participations dans des sociétés qui fabriquent des armes ou dans des entreprises
pharmaceutiques qui mettent sur le marché des produits qui sont contre la
morale catholique". Pour l’instant, informe le cardinal, le Vatican est en
train de mettre tout sur ordinateur avec l’aide d’experts et de personnes
techniquement qualifiées.
Pour ce qui est du scandale "Banco Ambrosiano", la banque de Roberto
Calvi, dans lequel était impliqué l’IOR (L’Institut pour les oeuvres de religion), le cardinal admet l’idée que ce scandale a causé dans certains milieux beaucoup de dégâts en offrant de l’Eglise et de l’IOR une image très
négative qui ne correspond pas à la réalité. A propos de l’archevêque Paul
Marcinkus, l’ancien président de l’IOR, le président de l’APSA relève que
la réputation faite autour de sa personne "est totalement fausse"; elle répond plus à "une stratégie de diffamation ou de lynchage moral qu’à la réalité des faits". (apic/jt/pr)