Rome : le projet de catéchisme universel terminé en février (250189)
Fribourg, 25janvier(APIC) Le comité de rédaction du catéchisme universel
se rencontrera à Rome du 6 au 11 février pour apporter les dernières modifications au brouillon de 400 pages de ce catéchisme et le présenter à la
commission de douze sages (six cardinaux et six évêques) chargée de l’élaboration de cet exposé doctrinal. Pendant deux ans, sept évêques résidentiels d’Europe et d’Amérique, en prise directe avec les problèmes
pastoraux, ont élaboré le texte de ce "Compendium de toute la doctrine
catholique tant sur la foi que sur la morale" désiré par le Synode extraordinaire des évêques de 1985. Le secrétaire du comité de rédaction, est un
dominicain autrichien, le Père Christoph von Schönborn, professeur de dogmatique à la Faculté de Théologie de l’Université de Fribourg.
Le catéchisme universel veut être un point de référence pour les catéchismes qui ont été établis dans les différentes régions ou qui le seront
encore. Selon les recommandations du Synode des évêques de 1985, "la
présentation de la doctrine doit être à la fois biblique et liturgique. Ce
doit être une doctrine intègre, mais adaptée à la vie actuelle des
chrétiens". Au contraire du catéchisme tridentin qui concernait le prêtre,
ce catéchisme s’adresse avant tout aux évêques.
Dès le début, ce projet de catéchisme a été violemment critiqué par
certains. Les uns soupçonnaient les tendances centralisatrices et restauratrices de Rome. D’autres estimaient qu’étant donné qu’il devait tenir
compte des différentes situations pastorales et des divers environnements
culturels, il ne pouvait contenir des formules générales et qu’il était par
conséquent inutilisable dans la catéchèse concrète d’un diocèse. Mgr Jean
Honoré, archevêque de Tours, a déclaré au quotidien "La Croix" : "Les critiques viennent d’une part de l’ambiguïté contenue dans le mot "catéchisme"
et, d’autre part, de la suspicion jetée sur un instrument à caractère universel".
Charte pour la fonction d’enseignement de l’évêque
Pour l’archevêque de Tours, qui est lui-même membre du comité de rédaction, le catéchisme est avant tout un instrument de gouvernement pastoral
fournissant aux évêques les références majeures de ce que l’Eglise croit,
célèbre et vit. "Je ne suis pas plus gêné par cet outil de travail sur le
plan doctrinal que je ne le suis par le Code sur le plan canonique", a
déclaré Mgr Honoré. "C’est l’évêque qui est maître de la foi et a mission
de la transmettre. Il disposera pour cela d’une sorte de charte."
Le comité de rédaction comprend à part Mgr Honoré encore six autres
évêques qui sont tous dans la pastorale comme le désiraient les Pères du
Synode. Mgr José Manuel Estepa Llaurens, vicaire aux armées en Espagne, et
Mgr Alessandro Maggiolini, évêque de Carpi en Italie, sont chargés de l’exposé sur le "Credo". Mgr Estanislao Esteban Karlich, évêque de Parana en
Argentine, et Mgr Jorge Medina Estevez, évêque auxiliaire de Rancagua au
Chili, se sont chargés de la partie sur les sacrements. L’évêque de Tours
et Mgr David Every Konstant, évêque de Leeds en Grande-Bretagne, ont préparé la partie morale. La conclusion est formée par une partie sur le NotrePère. Une ancienne tradition chrétienne orientale est ainsi respectée.
Experts d’Asie et d’Afrique
Les sept auteurs ont été secondés par une quarantaine d’experts qui
représentent dans la préparation du catéchisme universel surtout l’Afrique
et l’Asie mais aussi les Eglises catholiques orientales. La tâche du Père
Schönborn, secrétaire du Comité de rédaction, est de donner au texte un
style clair et cohérent. Chaque chapitre que le brouillon présente en anglais, en français et en espagnol a été résumé brièvement.
La première mouture des 400 pages du compendium a été examinée par la
commission sous la présidence du cardinal Joseph Ratzinger en mai de l’année passée; cette commission a ainsi exprimé ses propositions de modification. Lors des prochaines séances du comité de rédaction et de la commission de cardinaux au début février à Rome sera établi le texte qui sera
ensuite présenté pour examen à environ 300 évêques du monde entier.
A l’ordre du jour du Synode des évêques de 1990
Jusqu’à décembre de cette année, les évêques peuvent ensemble ou individuellement apporter des propositions de modifications. Elles seront
dépouillées pendant le premier semestre de 1990 et le texte sera retravaillé. Le document ainsi amélioré sera soumis en octobre au Synode des
évêques du monde entier et ensuite promulgué. Différentes régions ont déjà
élaboré leur propre catéchisme (par exemple la France en 1979, l’Allemagne
en 1985 et la Belgique en 1987). Les expériences ainsi faites ont été utiles pour la préparation du catéchisme universel qui, d’après les mots du
pape, ne remplace pas les catéchismes diocésains ou nationaux.
Les pays du Tiers-Monde ont retardé l’élaboration de leur propre catéchisme parce que les moyens leur faisaient défaut. C’était d’ailleurs l’une
des raisons qui ont poussé le cardinal Bernard Law de Boston à proposer
l’élaboration d’un catéchisme universel à l’occasion du Synode des évêques
de 1985. Cette proposition avait été acceptée par 146 voix contre 6 non et
2 abstentions. (apic/ra/d/bd)