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    Les tensions interreligieuses en toile de fond

    Rome: Le président indonésien Wahid reçu samedi au Vatican

    Rome, 6 février 2000 (APIC) Le président indonésien Abdurrahman Wahid a été reçu samedi au Vatican. Après un bref entretien avec Jean Paul II, dans la matinée, le président Wahid s’est a rencontré le cardinal Sodano, avec, en toile de fond, les tensions interreligieuse en Indonésie, et les graves violences qui secoue le pays musulman le plus peuplé au monde.

    Le président indonésien est actuellement en Europe pour trouver un soutien de la Communauté internationale alors que l’Indonésie est dans un moment de transition et que son image est associée aux affrontements sanglants entre chrétiens et musulmans des derniers mois, et à la crise au Timor Est.

    Après son passage à Paris, où il a été reçu par le président Jacques Chirac, puis en Italie, où il a eu des entretiens avec le président italien Azeglio Ciampi et le chef du gouvernement, Massimo D’Alema, Abdurrahman Wahid a rencontré Jean Paul II en privé pendant un petit quart d’heure avant de s’entretenir avec le cardinal Secrétaire d’Etat Angelo Sodano. Ce fut "un échange d’opinions sur la situation actuelle en Indonésie, avec une attention particulière au dialogue interreligieux et à la "coexistence pacifique" entre les différentes communautés du pays", a informé brièvement le Saint-Siège après la rencontre.

    Ce que vivent les timorais des deux partie de l’île ainsi que la situation du continent asiatique en général ont également fait l’objet de discussions..

    "Le pape est un homme très brillant" a pour sa part confié le président indonésien dans une interview accordée au quotidien italien "Avvenire". "Nous avons parlé de la nécessité de trouver des solutions pacifiques aux problèmes". Se référant aux récents conflits sanglants dans les îles de Molluques et à Timor Est, le président a affirmé que "le christianisme et l’islam sont actuellement manipulés par des personnes qui ont des ambitions politiques. C’est justement pour cela qu’il faut trouver des solutions pacifiques pour éviter que ces personnes atteignent leur objectif, ce qui serait dangereux pour tout le pays". Pour le président indonésien, "les désordres actuels sont l’oeuvre d’une minorité que l’on doit décourager et stopper légalement".

    Accusé de "crislamique"

    Accusé de "crislamique" par ses adversaires, Abdurrahman Wahid, musulman, est un homme croyant et se dit "convaincu" du rôle des différentes religions "dans la réconciliation entre les peuples". Il pousse au dialogue interreligieux et a d’ailleurs rencontré les responsables de la Communauté Sant’ Egidio à Rome avec qui il travaille dans cette voie depuis 1991.

    Quant à la politique intérieure, le président indonésien espère la démission de son ministre de la Sécurité, le général Wiranto, a qui on attribue les événements sanglants à Timor Est après le référendum pour l’indépendance le 30 août dernier, ceci avant son retour en Indonésie, après ce périple européen. "S’il n’est pas encore retiré, dit Wahid, nous mettrons en acte ce que le gouvernement a déjà décidé", à savoir on lui enlever tout pouvoir et le remplacer, dans l’attente de savoir si la Cour le jugera moralement responsable des crimes commis par les milices pro-indonésiennes à Timor Est.

    Pour Mgr Renzo, nonce apostolique à Jakarta, le président Abdurrahman Wahid est un homme qui "représente l’Islam modéré. Il était déjà connu comme un chef religieux modéré", ajoute le prélat, qui estime que cette visite devrait "renforcer les rapports entre musulmans et catholiques". (apic/imed/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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