"Que la doctrine sociale de l’Eglise soit aussi appliquée au Vatican"
Rome, 6 mars(APIC) le personnel du Vatican "veut que la doctrine sociale
de l’Eglise soit aussi appliquée à l’intérieur même du Vatican". Cette revendication a été formulée jeudi au cours d’une conférence de l’ADLV (Association des employés laïcs du Vatican). La conférence, qui avait pour thème
"Une nouvelle culture du travail pour construire une communauté de personnes: le travail au Vatican à la lumière de ’Centesimus Annus’" (la dernière
encyclique sociale de Jean Paul II), avait pour but d’aborder les problèmes
du personnel du Vatican.
Selon Valerio Arringoli, secrétaire général de l’ADLV, le personnel laïc
du Vatican voudrait que "la communauté de personnes que le Saint-Père souhaite dans le monde du travail puisse effectivement se réaliser au Vatican". L’Association des laïcs a été reconnue par le pape Jean Paul II en
1980. En réalité, a expliqué le secrétaire de l’ADLV, "il ne s’agit pas encore d’une pleine reconnaissance. Le syndicat ne réussit pas à défendre efficacement les intérêts du personnel. Il n’y a pas de vraies négociations".
En 1989, poursuit V. Arringoli, le Bureau de travail du Saint-Siège a
été institué. "Mais ce Bureau ne peut pas vraiment négocier les problèmes
du personnel. Il peut seulement proposer des solutions aux autorités supérieures. Nous ne disposons pas d’une table où exposer nos problèmes et en
négocier la solution avec les administrations".
Parmi ces problèmes, le secrétaire de l’ADLV indique le blocage des salaires depuis 1985 et celui des pensions depuis 1984. "Nous entendons aussi
améliorer le statut de la femme". Et V. Arringoli de dénoncer le fait que
seuls les enfants dont le père travaille au Vatican peuvent s’inscrire à
l’assistance sanitaire du Vatican". Les enfants dont seule la mère fait
partie du personnel devant eux être inscrits à l’assistance de l’Etat italien. "Et la différence qualitative est grande".
"Un monde qui déçoit les attentes de justice"
Au cours de la conférence de jeudi, le secrétaire général de l’ADLV
avait souligné qu’il existe une question sociale au Vatican: "C’est un monde qui déçoit les attentes de justice. Trop d’entre-nous ont connu des histoires d’embauches caractérisées par un manque de clarté. Trop ne voient
pas leurs titres et leurs compétences personnelles reconnus. Trop aussi
font l’expérience d’un manque total de sécurité sur les lieux de travail".
Les résultats de la conférence seront remis, ainsi que l’a indiqué le
secrétaire général, aux autorités supérieures, c’est-à-dire au Bureau du
travail et à la Secrétairerie d’Etat. Il appartient à ces autorités de
transmettre ces résultats au pape, avec lequel l’ADLV n’a pas de contacts
directs, a-t-il précisé.
Le Vatican emploie environ 3’400 personnes, dont 2100 laïcs et 260 laïques. Plus d’un millier de ces laïcs font partie de l’ADLV qui, il y a
quelques années, s’était mise en grève pour appuyer ses requêtes. Une grève
spéciale puisque les grévistes, qui avaient néanmoins travaillé, avaient
donné l’argent gagné durant la manifestation à la Caritas internationale.
(apic/jt/pr)