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    à la mémoire des victimes de la violence au Salvador

    Rome : le Père Kolvenbach préside une eucharistie (211189)

    Rome, 21novembre(APIC/CIP) "Il est très difficile d’exprimer toute

    l’horreur qu’inspire ce crime prémédité, cette barbarie que rien ne

    justifie : ni la situation militaire ou la sécurité du quartier de

    l’Université Centraméricaine, ni l’orientation bien connue de l’Université

    catholique, ni les activités et les publications des jésuites, qui n’ont

    pas voulu autre chose que donner le meilleur d’eux-mêmes pour le bien de

    l’Eglise et du peuple du Salvador". C’est ce qu’a déclaré le Père

    Peter-Hans Kolvenbach, préposé général de la Compagnie de Jésus, lors d’une

    eucharistie célébrée lundi soir en l’église du Gesù à Rome. Une eucharistie

    célébrée, a-t-il indiqué, à la mémoire de "toutes les victimes tombées au

    Salvador", parmi lesquelles les six jésuites cruellement assassinés jeudi

    dernier.

    Pour le Père Kolvenbach, ce qui s’est passé est "d’autant moins justifiable que ce cruel assassinat a frappé des personnes, jésuites ou non, totalement étrangères au conflit politique qui fait souffrir depuis tant d’années la population du Salvador".

    Le préposé général a indiqué que, surtout au cours des derniers mois,

    "notre curie recevait des informations toujours plus précises annonçant une

    amplification des violentes menaces dirigées contre quelques évêques et jésuites, en particulier le recteur de l’Université Centraméricaine".

    Le Père Kolvenbach a évoqué une rencontre qu’il a eue l’an dernier au

    Salvador avec les victimes. "Je sentais bien qu’ils savaient que le Seigneur pouvait leur demander d’offrir leur vie en participation à sa passion...", a-t-il déclaré. Il a souhaité que le vaste écho donné dans l’opinion publique mondiale aux cruautés commises dans la résidence des jésuites

    à San Salvador servira la cause de la paix "dans une région du monde

    souvent oubliée", pour le bien d’"un peuple travailleur et courageux qui

    mérite que ses justes aspirations soient satisfaites, dans le respect des

    droits de l’homme".

    Le martyre de tout un peuple

    Le Père David Lopez, un jésuite salvadorien qui vivait jusqu’en juin

    dernier à la résidence des huit victimes du massacre, a expliqué que

    "l’Eglise au Salvador est persécutée et martyrisée parce qu’elle a fait un

    choix, l’option en faveur des pauvres". Il en a dressé un bilan tragique :

    au cours des dix dernières années ont été tués au Salvador six religieuses

    (dont quatre nord-américaines); 18 prêtres (dont 7 jésuites), 11 séminaristes et un évêque, Mgr Romero, des centaines de catéchistes et "surtout",

    plus de 80’000 frères salvadoriens", en outre, près d’un millions de Salvadoriens ont dû quitter leur patrie. (apic/jt/bd)

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