"N’épargnez aucun effort"
Rome, 16janvier(APIC) La salle de presse du Saint-Siège a rendu public
mercredi le texte des deux messages adressés par Jean Paul II à George Bush
et à Saddam Hussein à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum. Les
messages ont été transmis par l’intermédiaire de Mgr Angelo Sodano, pro-secrétaire d’Etat, qui a rencontré mardi soir les ambassadeurs des Etats-Unis
et de l’Irak près le Saint-Siège.
"Je me sens le devoir pressant de m’adresser à vous, chef de la nation
la plus impliquée, quant aux effectifs et aux armements, dans l’opération
militaire actuellement en cours dans la région du Golfe", écrit Jean Paul
II à George Bush. Le pape, qui se fait l’interprète des pensées et des
préoccupations de millions de catholiques, rappelle qu’il a déjà souligné
les conséquences tragiques que pourrait avoir une guerre dans cette région.
"Je désire maintenant confirmer ma ferme conviction qu’il est douteux que
la guerre apporte une solution adéquate aux problèmes internationaux".
Pour le pape, même si une solution injuste pouvait être momentanément
résolue, les conséquences qui selon toute probabilité découleraient de la
guerre "seraient dévastatrices et tragiques".
L’emploi des armes, et surtout des armements hautement sophistiqués
d’aujourd’hui, "va provoquer, outre la souffrance et la destruction, des
injustices nouvelles et probablement pires", insiste Jean Paul II, qui conclut en disant son espoir que par "l’effort d’un dialogue", la souveraineté
puisse être restituée au peuple du Koweït et que l’ordre international, qui
est à la base d’une coexistence entre les peuples vraiment digne de l’humanité puisse être rétabli dans la région du Golfe et dans tout le MoyenOrient.
Un signe de disponibilité...
Le pape Jean Paul II se fait également l’interprète "des sentiments de
millions de personnes" en s’adressant à Saddam Hussein. Il relève dans sa
lettre qu’"aucun problème international ne peut être adéquatement et dignement résolu par le recours aux armes". Le pape, qui revient sur "les tragiques conséquences qu’un conflit armé dans la région du Golfe aurait pour
"des milliers de vos concitoyens, pour votre pays et pour toute la région,
voire pour le monde entier", implore vivement "le Dieu miséricordieux afin
que toutes les parties concernées parviennent à trouver, dans un dialogue
franc et fructueux, le chemin qui permettra d’éviter une telle catastrophe".
"J’ai confiance que vous voudrez vous aussi, Monsieur le président,
prendre les décisions les plus opportunes et entreprendre des pas courageux
qui peuvent être le début d’un vrai chemin de la paix, écrit Jean Paul II
qui termine sa lettre en rappelant sa déclaration faite dimanche dernier:
"Un signe de disponibilité de votre part ne pourrait que vous faire honneur
face à votre pays aimé, face à la région et au monde entier". (apic/cip/jtpr)