Rome : le pape rend hommage à Don Bosco (310188)
Rome, 31janvier(APIC/CIP) A l’occasion du centenaire de la mort de Don
Bosco, qui a été célébré dimanche 31 janvier dans de nombreux pays, Jean
Paul II a envoyé une lettre d’une vingtaine de pages au Recteur majeur des
Salésiens de Don Bosco, Don Egidio Vigano. Dans sa lettre, le pape souligne
que l’Eglise perçoit dans le secteur éducatif avec préoccupation l’urgente
nécessité de résoudre le drame de la profonde rupture entre l’Evangile et
la culture. Ce drame, souligne-t-il dans sa lettre, sous-estime et met en
marge le message salvateur du Christ.
Dans sa lettre, Jean Paul II montre l’aspect caractéristique de la figure de Don Bosco, celui qui a su opérer l’échange entre l’éducation et la
sainteté : "le but concret de sa pédagogie est en fait la sainteté". Bien
que la situation des jeunes dans le monde actuel ait changé, dit le pape,
les mêmes problèmes, comme à l’époque de Don Bosco, restent. Aujourd’hui,
relève le pape, il ne manque pas de jeunes sensibles aux valeurs de l’esprit, mais il est évident que la jeunesse est soumise à des influences
négatives qui sont le résultat de visions idéologiques diverses. L’éducateur attentif, dit le pape, "saura se rendre compte de la situation concrète des jeunes et intervenir avec compétence et sagesse et illuminé par
l’incomparable tradition éducatrice de l’Eglise".
"Don Bosco appelait son éducation un ’système préventif’, rappelle le
pape. Le terme ’préventif’ qu’il utilise doit être pris dans richesse des
caractéristiques typiques de l’art éducatif du saint", Don Bosco, qu’il
qualifie également de "Père et maître des jeunes". Le pape souligne entre
autres la volonté de prévenir les expériences négatives qui pourraient
compromettre les énergies des jeunes.
Au centre de la vision de Don Bosco, dit le pape, "se trouve la charité
pastorale, cette charité qui mène à aimer le jeune, quel que soit l’état
dans lequel il se trouve, pour le porter à la plénitude de l’humanité qui
s’est révélé en Christ, pour lui fournir la conscience et la possibilité de
vivre en tant qu’honnête citoyen, complice de Dieu". C’est cette charité,
continue le pape, que Don Bosco a résumée dans le trinôme célèbre : "Raison, Religion et Tendresse".
Le pape a expliqué que le terme ’raison’ souligne la valeur de la personne, la conscience, la nature humaine, la culture du monde du travail, de
la vie sociale ou de ce vaste cadre de valeurs qui est comme le bagage
nécessaire de l’homme dans sa vie familiale, civile et politique. Le second
terme, ’religion’, dit le pape indique que la pédagogie de Don Bosco est
transcendante, vu que le dernier objectif de l’éducation est la formation
du croyant. Enfin, la ’tendresse’, l’affection, est une habitude quotidienne qui n’est ni simple amour humain, ni charité surnaturelle, poursuit-il.
Les élêves, dit le pape en citant Don Bosco, ne doivent pas seulement
être aimés, mais savoir ou sentir qu’ils sont aimés. Le pape indique que
les critères pédagogiques de Don Bosco restent actuels et que la figure de
Don Bosco fascine encore des jeunes de cultures très diverses dans le
monde. Il est certain que son message pédagogique doit être approfondi,
adapté, renouvelé à cause du changement du contexte socio-culturel, ecclésial et pastoral. Il reste aussi actuel "parce qu’il enseigne d’affronter
d’une manière créative les problèmes émergeants, en se basant sur les valeurs permanentes de la Tradition". Le pape conclut que l’Eglise se trouve
directement responsable en ce qui concerne l’éducation, car il s’agit de
l’homme : "L’homme est la première rue que l’Eglise doit parcourir dans sa
mission... Allons aux jeunes, voici la première et fondamentale urgence de
l’éducation". (apic/jt/be)