Rome: Le pape reçoit les évêques du Midi de la France (050492)
Rome, 5avril(APIC) Le pape Jean Paul II a demandé aux chrétiens de ne pas
fuir le monde mais d’apporter les valeurs chrétiennes dans la société, de
contribuer ainsi à une humanisation de la vie économique et sociale; il a
également mis en garde contre une privatisation des convictions religieuses. Recevant samedi les évêques du Midi de la France et le prélat de la
Mission de France, Mgr André Lacrampe, en visite "ad limina" à Rome, le pape a déploré qu’il y a tant de baptisés qui ne participent pas à la mission
de l’Eglise et qui restent trop passifs.
Jean Paul II a encore observé, dans son discours sur la vocation et la
mission des laïcs adressé aux évêques de la région apostolique du Midi, que
pour certaines responsabilités exercées par les laïcs, l’Eglise doit prévoir une rémunération et une protection sociales convenables, en précisant
que le bénévolat n’est pas souvent possible. Il a constaté que la multiplicité des tâches confiées aux laïcs ne peut pas faire oublier que "ce sont
tous les baptisés qui, par vocation, ont à prendre leur part de la mission
de l’Eglise". Il a remarqué que de trop nombreux laïcs restent "assez passifs", ajoutant que "l’on se trouve en face de la baisse de la pratique religieuse et de communautés peu nombreuses où les différentes générations
sont inégalement représentées".
Non à la subjectivité souveraine
Le pape a ajouté que la tendance se répand de revendiquer une autonomie
de jugement du point de vue du contenu de la foi et des règles de vie. "Cela revient, a-t-il expliqué, au nom d’une subjectivité souveraine, à prendre ses distances par rapport à l’institution ecclésiale, tout en maintenant souvent une certaine demande de sacrements qui n’implique pas une
adhésion personnelle au Christ". Jean Paul II a aussi observé que pour certains laïcs qui sont pleinement chrétiens dans leur vie quotidienne existe
le risque "d’une certaine marginalisation à cause d’options spécifiquement
chrétiennes, voire d’un certain découragement devant des oppositions plus
ou moins déclarées". Le pape a souligné que ces difficultés ne doivent pas
faire fuir le monde ni provoquer une privatisation des convictions religieuses. (apic/jt/be)