Rome: le pape reçoit les évêques de Belgique (050792)
Rome, 5juillet(APIC) Les évêques de Belgique ont rencontré plusieurs fois
le pape la semaine dernière. Réunis à Rome pour leur visite "ad limina",
ils ont d’abord chacun, individuellement, pu parler de la vie pastorale de
leur diocèse. Jean Paul II les a reçus ensuite tous ensemble vendredi. Dans
le discours qu’il leur a adressé, il a particulièrement insisté sur la formation des chrétiens, prêtres et laïcs. Auparavant, le cardinal Godfried
Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles avait décrit au pape l’essentiel
des "joies et des soucis" des évêques belges.
Ce sont "la réflexion et la recherche théologique" qui a retenu d’abord
l’attention de Jean Paul II dans son allocution. Remarquant l’importance
des efforts déjà entrepris pour la formation des chrétiens , le pape précise qu’il s’agit de "développer, tant pour les prêtres que pour les laïcs,
une intelligence de la foi qui découvre à chacun le dogme chrétien pour affermir sa foi et faire de lui un témoin de l’Evangile". A cet égard, il
rappelle l’indispensable formation permanente des prêtres et des diacres,
en y intégrant un approfondissement de la vie spirituelle. Celle-ci doit se
nourrir de "l’Evangile, lu et médité, qui est le premier critère de discernement pour interpréter avec justesse les événements".
Le trop petit nombre de séminaristes
Le pape partage évidemment le souci des évêques devant le trop petit
nombre de séminaristes. Raison de plus, a-t-il insisté, pour leur donner
"une formation philosophique et théologique profonde" qui tienne compte de
la culture contemporaine. Et Jean Paul II d’évoquer le 25e anniversaire de
la mort du cardinal Joseph Cardijn, le fondateur de la Jeunesse ouvrière
catholique (JOC- JOCF), qui "avait la passion de l’Evangile qu’il faut
greffer dans la culture des hommes de son temps".
Mais c’est aussi "sur la formation intellectuelle et spirituelle des
laïcs que l’Eglise doit miser si elle veut promouvoir le témoignage chrétien dans la société sécularisée qui professe parfois un humanisme athée
incapable de rendre compte du sens de l’homme et de l’histoire." Jean Paul
II ajoute: "La foi et sa mise en pratique dans la vie morale ne peuvent
être laissées à l’appréciation subjective, chacun retenant ce qui lui convient ou choisissant les personnes avec lesquelles il veut vivre en Eglise.
Cela crée une situation de relativisme dogmatique et moral qui peut engendrer de graves préjudices, dénaturer la vérité objective du donné révélé et
diviser les communautés".
Eviter les exclusions de toutes sortes
A la fin de son allocution, faisant allusion manifestement à la réalité
belge, le pape a attiré l’attention sur le "phénomène de l’immigration",
auquel s’ajoutent, remarque-t-il, "les difficultés liées à l’existence des
deux communautés linguistiques". A une époque où les particularismes et les
exclusions de toute sorte se font sentir, il invite les chrétiens et les
hommes de bonne volonté à "favoriser la paix, l’unité nationale et l’accueil de chaque personne, indépendamment de son origine et de sa culture".
Une manière de répondre aux paroles du cardinal Danneels qui avait évoqué auparavant devant Jean Paul II cette problématique difficile à affronter. L’archevêque de Malines-Bruxelles avait en effet expliqué: "Nous vivons les soubressauts d’une société en pleine mutation, marquée par l’entrechoc des différentes cultures, langues, races et religions, et par l’incertitude des chemins d’avenir, non encore balisés".
La prochaine béatification du Père Damien
Parmi les joies des évêques, le cardinal belge avait évoqué entre autres, "la célébration en 1989 du centenaire de la mort du Père Damien, dont
la béatification est désormais annoncée pour 1993. La béatification de
l’apôtre des guérisons impossibles, ajoute-t-il, "sera une grâce immense et
une aide surnaturelle pour tous ceux et celles qui se dévouent aux lèpres
des temps modernes, comme la drogue et le sida". (apic/cip/ba).