"La sécurité ne peut être imposée par les armes"
Rome, 3janvier(APIC) Le pape a appelé les habitants du Nicaragua secoués
durant des années par la guerre civile à la réconciliation et au dialogue.
Lors d’une audience accordée jeudi à Francisco José Fiallos Navarro, 44
ans, nouvel ambassadeur du Nicaragua près le Saint-Siège, le pape a rappelé
les différents appels à la paix du Saint-Siège adressés aux pays d’Amérique
centrale. A une période où l’on constate de graves menaces de guerre dans
certaines régions du monde, l’Eglise prie spécialement pour que la paix, la
concorde et la fraternité puissent avoir le dessus dans les coeurs des hommes, a affirmé Jean Paul II sans faire une référence explicite à la crise
du Proche-Orient.
Une sécurité fondée sur les armes n’est jamais une vraie sécurité. Celle-ci n’est garantie que par la construction d’un ordre politique qui tienne compte des droits juridiques, sociaux et économiques de tous. Cette sécurité renforce alors la solidarité. La paix n’est pas seulement l’absence
de la guerre, qui est toujours le fruit d’un équilibre précaire, mais elle
doit être garantie par une société juste, affirme le pape. A ce sujet, il a
rappelé que l’Eglise avait participé lors des dernières années au processus
de pacification du Nicaragua et qu’elle s’était toujours engagée par le
passé en faveur du respect des droits de l’homme.
Par ailleurs, le pape a affirmé que "si l’on veut vraiment réaliser la
libération intégrale de l’être humain, il faut user uniquement de moyens
évangéliques et exclure tout recours à la violence ou à la dialectique de
la lutte des classes".
Le nouvel ambassadeur, dans son adresse au pape, a donné son interprétation des incidents qui ont perturbé la visite de Jean Paul II au Nicaragua
en mars 1983: "Des idéologies étrangères à notre condition chrétienne prétendaient étouffer la voix du pape, a-t-il expliqué. Ce sont ces mêmes forces qui continuent à présent de chercher à détruire la vie, la dignité,
l’honneur et la réputation des fils de l’Eglise. Mais aujourd’hui votre
voix aimée résonne plus fort que jamais, comme en témoignent nos séminaires, hier quasiment vides et aujourd’hui pleins de futurs prêtres, unis à
leurs évêques et à la figure historique, tant aimée par son peuple, du cardinal Obando Bravo." (apic/cip/ba)