"L’emploi de la violence est l’expression
de positions politiques et sociales démodées"
Rome, 16décembre(APIC) le pape Jean Paul II a plaidé lundi pour une "réconciliation pacifique et volontaire" en Irlande du Nord, en recevant le
nouvel ambassadeur d’Irlande près le Saint-Siège, Gearoid Broin, 51 ans,
venu présenter ses lettres de créances. La condamnation, par le pape, de la
violence "criminelle et injustifiable", coïncide avec la nouvelle campagne
de terreur lancée par l’IRA. Dans le même discours, le pape a encore dit sa
crainte de voir le vide créé par le déclin des tensions idéologiques être
rempli par de nouveaux excès.
Pour Jean Paul II, l’emploi de la violence est "l’expression d’attitudes
politiques et sociales démodées". "Ceux qui suivent le chemin de la violence mènent un combat injuste et anti-démocratique". L’unique voie qui mène à
la paix est celle "du respect des droits de l’homme, des différences légitimes, mais aussi du respect de la loi" de la part de tous.
Le pape a encore relevé qu’il faut continuer à espérer que les communautés impliquées travailleront "à abattre les barrières d’esprit et de coeur
qui les divisent".
La défense et la promotion des valeurs...
Dans le même discours, le pape a en outre parlé du danger réel qui existe de voir le vide créé par le déclin des tensions idéologiques être rempli par de nouveaux excès. Il a souligné à ce propos que "le signe le plus
évident de tels excès est la résurgence des tendances nationalistes qui,
dans plusieurs cas, ont déjà débouché sur une violence tragique et sur des
conflits".
"Ces situations minent les processus de développement économique et
d’accord politique qui auraient dû correspondre aux changements entre l’Est
et l’Occident", a insisté le pape. Il a regretté que de vieux problèmes
n’ont pas encore été résolus. Et de citer à ce propos les millions de victimes de la faim et de la pauvreté dans le monde; l’énorme déséquilibre entre les nations riches et les nations pauvres; les situations d’injustices
et de violences; la négation des droits de l’homme et des libertés".
Le problème clé pour l’Europe, a précisé le pape, ne concerne pas seulement le développement et la prospérité, mais également la vraie signification et la validité de l’expérience historique culturelle et religieuse du
continent. "Le vrai problème, a-t-il dit, c’est la défense et la promotion
des valeurs et des idéaux positifs et permanents de la civilisation européenne". (apic/jt/pr)