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    Pas de liberté sans fondement éthique

    Rome: le pape reçoit l’ambassadeur des Etats-Unis (020993)

    Rome, 2septembre(APIC) Raymond L. Flynn, ambassadeur des Etats-Unis au

    Vatican, a présenté jeudi ses lettres de créances au pape Jean Paul II.

    "Les Etats-Unis croient fermement que les droits humains, y compris la liberté religieuse, sont toujours menacés s’ils ne sont pas protégés par les

    systèmes démocratiques", a-t-il relevé. Jean Paul II a répondu en insistant

    sur la nécessité de donner des fondements éthiques à toute démocratie.

    Depuis 1983 Raymond Flynn était maire de Boston, ville où il est né en

    1939. En 1992, il fut l’un des présidents du comité pour l’élection de Bill

    Clinton. Dans son discours, l’ambassadeur a souligné qu’"une collaboration

    efficace et étroite entre le Saint-Siège et les Etats-Unis sera un

    instrument très puissant dans l’effort pour la promotion de niveaux de vie

    acceptables et de garanties fondamentales de liberté pour tous, partout

    dans le monde".

    La vigilance reste de mise, a souligné Raymond Flynn, qui a enchaîné par

    un plaidoyer en faveur de la liberté: "Dans le monde en voie de développement, la fin de la guerre froide n’a pas mis un terme à la faim, aux maladies et à l’oppression. Les Etats-Unis croient fermement que les droits humains, y compris la liberté religieuse, sont toujours menacés s’ils ne sont

    pas protégés par des systèmes démocratiques. Un développement efficace est

    impossible sans la liberté." Et de rendre hommage au pape, qui y a "contribué de façon exceptionnelle en demandant continuellement et sans ambiguïté

    la fin du massacre dans les Balkans".

    L’ambassadeur a reconnu que dans beaucoup de pays l’Eglise joue un rôle

    décisif dans la promotion de la liberté. Il s’est enfin réjoui de l’initiative du Saint-Siège d’établir une commission bilatérale avec Israël, dans

    le cadre des efforts pour la réconciliation au Proche-Orient.

    Rome: le pape reçoit l’ambassadeur des Etats-Unis (020993)

    Jean Paul II a appelé "à un sens nouveau de la responsabilité morale collective dans l’action pour promouvoir un développement humain intégral, sauvegarder les droits humains et la liberté, encourager des formes

    de gouvernement plus participatives et établir des structures efficaces

    pour une solution équitable des désaccords entre les nations et entre les

    différents groupes éthniques et sociaux."

    Le pape n’a pas manqué de souligner la responsabilité des Etats-Unis à

    cet égard: "A cause de leur grande influence dans la communauté internationale, les Etats-Unis sont appelés à jouer un rôle de poids dans ce processus. Il a aussi reppelé que "la recherche de la liberté ne peut jamais être

    séparée du respect de la vérité concernant l’homme et son identité véritable, car alors l’idéal de liberté devient aisément vide et superficiel et

    peut même être utilisé comme un prétexte pour des formes d’auto-exaltation,

    d’oppression et de violence".

    Enfin, Jean Paul II affirmé que "la force morale de toute démocratie dépend de sa capacité à défendre la liberté en lui donnant en même temps les

    fondements éthiques nécessaires." Il a souligné que les chrétiens sont appelés à contribuer de façon spéciale à la vie politique et que les oeuvres

    charitables des catholiques américains en sont l’expression concrète.

    Amélioration sensible des relations avec les Etats-Unis

    Malgré les réserves exprimées par le pape, ces deux discours semblent

    annoncer une amélioration sensible des relations entre le Vatican et les

    Etats-Unis, déjà perceptible lors de la rencontre du pape avec Bill Clinton

    à Denver.

    On se souviendra qu’au printemps dernier le Saint-Siège avait condamné

    le bombardement de l’Irak, ordonné par le président Clinton en représailles

    pour un projet d’attentat lors de la visite au Koweit de l’ancien président

    George Bush. Lors de la crise en Somalie entre le contingent italien et le

    commandement des Nations-Unies, sous tutelle américaine, "L’Osservatore Romano" n’avait pas ménagé ses critiques à la stratégie de guerre suivie par

    celui-ci, qui risquait d’effacer les buts humanitaires de l’intervention en

    Somalie. Le Saint-Siège a critiqué la moralité douteuse du recours à des

    initiatives belliqueuses au plan international pour améliorer les résultats

    des sondages d’opinion, particulièrement négatifs pendant les premiers mois

    de la présidence Clinton. (apic/cip/cb)

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