Rome: le pape juge sévèrement les événements en Somalie (150793)
Rome, 15juillet(APIC) Le pape juge sévèrement les événements de Somalie,
en estimant grave le fait de laisser ses propres intérêts, l’opinion publique ou les pressions prendre le dessus. Dans une déclaration reprise largement par les médias italiens, le porte-parole du Vatican, Joaquin NavarroValls, s’exprime à propos de la position de Jean Paul II sur le rôle des
forces de l’ONU. Le pape dit notamment craindre les répercussions en Afrique du coup de force de l’ONU.
"Le pape, a dit Joaquin Navarro-Valls, voit toujours les problèmes dans
leur dimension éthique qui embrasse les droits de l’homme, ainsi que la solution des problèmes eux-mêmes". La solution doit nécessairement être guidée par le critère immuable de la justice et non par des intérêts ou des
équilibres, a-t-il déclaré.
Pour le pape, les problèmes peuvent être abordés soit d’un point de vue
éthique soit d’un point de vue tactique. "Mais, si la tactique n’est pas
liée à une éthique, elle devient arbitraire.
Selon le porte-parole du Vatican, le pape estime grave le fait de "laisser ses propres intérêts, l’opinion publique ou les pressions prendre le
dessus. Que ce soit en Somalie ou en Bosnie". L’éthique, a poursuivi Joaquin Navarro-Valls à propos de l’opinion du pape, est le critère qui doit
pousser à l’action. "Nous avons souvent relevé que la politique et les interventions ne suffisent pas s’ils ne sont pas liés à une valeur permanente
d’ordre éthique".
Navarro-Valls s’est en outre insurgé contre la tendance qui vise à se
laisser guider dans l’action politique par les sondages d’opinion, qui vont
dans un sens puis dans un autre.
Où se situe la logique de l’aide? Quels efforts fait-on pour comprendre
les mentalités, s’est interrogé le porte-parole du Saint-Siège. Avec des
interventions de ce type, a-t-il commenté à propos de la dernière attaque,
on s’engage dans une logique de provocation et de représailles. "Nous
étions émus devant les images de ces enfants qui mourraient de faim. Ces
enfants continuent à mourrir de faim. Mais dans l’opinion publique, leurs
images ont été supplantées par celle des hélicoptères".
Après avoir rappelé que les ambiguïtés initiales de l’intervention
humanitaire apparaissent maintenant dans toute leur gravité, Joaquin Navarro-Valls exprime les craintes du pape au sujet des répercussions en Afrique. "La Somalie est un pays majoritairement islamique. Et les musulmans,
lorsqu’ils se sentent agressés, sont toujours plus tentés de chercher ailleurs des liaisons", notamment avec la tendance fondamentaliste.
Le général Aidid juge positivement la ligne du Vatican
Toujours à propos de la Somalie, le quotidien catholique "Avvenire"
publie une interview du général Aidid à paraître le 29 juillet dans
l’hebdomadaire Famille chrétienne. Le chef de l’Alliance nationale
somalienne y critique non seulement les Américains, mais aussi les
Italiens, qui n’auraient pas respecté des ententes concernant la
pacification du pays. Le général Aidid, contre qui les Américains déploient
leurs forces, juge positivement la ligne du Vatican, "qui a toujours
insisté sur le dialogue entre les parties en conflit.
Dans le même quotidien, des personnalités somaliennes à Rome soulignent
l’absence d’une véritable politique... "Les forces de l’ONU recherchent Aidid, mais ne prennent aucune initiative envers d’autres groupes rivaux..."
(apic/sv/pr)