Rome, 18 février(APIC) Le pape Jean Paul II entame mercredi son 54e voyage
à l’étranger. Durant une semaine il sera pour la 8e fois en Afrique et
visitera trois pays de la côte ouest du continent: le Sénégal, la Gambie et
la Guinée. Le dialogue avec l’Islam sera un des points forts de la visite,
puisque les musulmans forment la forte majorité de la population des trois
pays, 85% au Sénégal et en Gambie, 70% en Guinée. Les catholiques ne sont
que 6% au Sénégal et 2% dans les deux autres pays. Jean Paul II se rendra
une deuxième fois en Afrique cette année au mois de juin en Angola et à Sao
Tome et Principe.
Dans une interview accordé au mensuel italien "30 Giorni", l’achevêque
de Dakar, le cardinal Hyacinthe Thiandoum souligne que la prédominance de
l’islam n’est pas un problème spécifique du Sénégal ni un problème
africain, mais bien un problème qui doit être vu à l’échelle de la planète.
"C’est un fait que l’islam est la religion qui progresse le plus dans le
monde. Il y a plus d’un milliard de musulmans sur notre planète". Au
Sénégal, l’Eglise se trouve face à un islam tolérant qui "pour autant qu’il
ne se laisse pas influencer par les fondamentalistes ou par les
intégristes, observe le cardinal Thiandoum, continuera à vivre en communion
avec les non-musulmans".
Les catholiques sénégalais, qui espéraient depuis longtemps une visite
du pape, crurent bien qu’elle se ferait en 1988, à l’occasion du centenaire
du sanctuaire marial de Poponguine. Leur déception fut d’autant plus vive
qu’un mois plus tard, le pape visitait cinq pays voisins. "Qui a peur du
pape?", titrait à l’époque un quotidien local. On murmure à Dakar que la
raison de ce retard n’est pas à chercher ailleurs que dans la tenue, en
1991 à Dakar, de la Conférence islamique.
Du côté de l’Eglise, on veut croire qu’il n’en est rien. D’autant plus
que les relations du clergé catholique avec les chefs des grandes confréries musulmanes sont excellentes, dit-on.
Aux sources du trafic d’esclaves
Dans les trois pays inscrits au programme, Jean Paul II se trouvera
aussi aux sources de l’esclavagisme. En effet le Sénégal a joué depuis plusieurs siècles un rôle de pont entre l’Afrique et l’Amérique. Un passage
obligé pour les navigateurs, les marchands et... les esclaves. C’est en effet sur l’île de Gorée, dans la baie de Dakar, île que le pape visitera,
que les esclaves transitaient jusqu’au moment de leur embarquement pour
l’Amérique.
Programme du voyage
Le pape quittera Rome mercredi à 12h30 pour arriver à l’aéroport de Yoff
à 17h30. Au Sénégal le pape fera étape à Dakar, Ziguinchor au sud du pays,
puis au sanctuaire marial de Poponguine et à l’île de Gorée. Le dimanche 23
février, le pape s’envolera pour la Gambie où sa visite d’un jour se limitera à la capitale Banjul. En Guinée également, Jean Paul II s’en tiendra à
la capitale Conakry. (apic/cip/mp)