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    à une réflexion sur la culture du continent

    Rome: le pape invite les recteurs des Universités européennes (190491)

    Rome, 19avril(APIC) Jean Paul II s’est rendu vendredi matin à L’Université romaine "La Sapienza" pour y rencontrer les recteurs des Universités européennes qui participent à leur deuxième Forum, sur le thème: "La grande

    Europe des cultures". Inaugurant les débats , le pape s’est réjoui de voir

    réunis des recteurs de l’Est et de l’Ouest dans cette "nouvelle saison politique et économique pour le vieux continent".

    "L’union économique et politique européenne avance à grands pas et ses

    échéances sont proches, a expliqué Jean Paul II. Mais elle porterait difficilement ses fruits si venait à manquer une réflexion sérieuse sur la culture de l’Europe et sur les orientations humaines et spirituelles qui sont

    à la base de tout développement social".

    Au fil des siècles, les universités ont été "les lieux privilégiés" de

    l’élaboration du savoir, où l’héritage de la pensée, de l’art, du droit et

    de la science gréco-latine a fusionné avec la "nouveauté" chrétienne et les

    apports des cultures germanique, slave et anglo-saxonne, a rappelé le pape.

    Puis, a relevé Jean Paul II, les universités ont développé la science

    moderne expérimentale, avec de multiples retombées technologiques qui ont

    transformé le visage de l’Europe et du monde. L’Eglise a joué un rôle important dans l’histoire des universités européennes, à la fondation desquelles elle a contribué.

    Un supplément d’âme

    "La culture est un moyen fondamental de croissance de la personne dans

    toute sa vérité", a insisté Jean Paul II. C’est pouquoi l’Eglise s’engage à

    affirmer et défendre la liberté de la culture, tant de fois violée au cours

    de ce siècle par des systèmes totalitaires. En même temps, l’Eglise revendique le droit et la liberté d’offrir l’Evangile au monde de la culture. Il

    s’agit d’offrir au monde contemporain, marqué par la technologie, ce supplément d’âme que souhaitait déjà Henri Bergson dans son ouvrage ’Les deux

    sources de la morale et de la religion’", a affirmé le pape.

    En cette fin de siècle, l’université européenne se trouve confrontée à

    de nombreux problèmes, a indiqué le pape. Cela se traduit par des incertitudes entre la formation de base et la spécialisation du savoir, toujours

    plus parcellisée.

    Par ailleurs, la production industrielle a mis à l’écart les études et

    les recherches humanistes, considérées comme improductives dans la logique

    du marché. Le pape regrette que l’université ait perdu sa dimension de

    "berceau de l’esprit, terrain d’exploration du beau, du métaphysique et du

    vrai".

    Jean Paul II a ensuite souligné le rôle majeur des universités dans les

    changements sociaux à l’Est: "A présent que sont tombées les barrières politiques entre l’Est et l’Ouest, que se sont ouvertes les communications

    entre le Nord et et le Sud, se pose aussi avec une grande urgence pour les

    universités le problème de la communication et de la mobilité", a affirmé

    le pape en se référant aux précédents historiques que constituent l’Humanisme et la Renaissance.

    Une nouvelle responsabilité

    Par ailleurs, Jean Paul II a tenu à souligner un autre élément: "L’Europe devient toujours plus un carrefour de peuples, de cultures, de credos

    religieux". D’où une nouvelle responsabilité des universités européennes

    qui, "après avoir marqué profondément la vie sociale, politique, économique

    et culturelle de nombreux peuples au temps du colonialisme, peuvent aujourd’hui facilement s’ouvrir au dialogue avec eux, et pas seulement avec

    les pays du pourtour méditérranéen".

    "On a souvent parlé ces dernières années, a repris le pape, d’une européisation du monde. Aujourd’hui on est plus prudent dans l’usage de cette

    expression". Jean Paul II a rappelé que nul continent n’a été aussi longuement en contact avec l’Eglise et les saintes Ecritures, comme en témoignent

    de multiples cathédrales, saints et oeuvres d’art. Pourtant, dans le millénaire qui se termine, l’Europe a été tentée par un "humanisme païen". Le

    pape refuse cette coupure entre foi et culture qui, selon lui, a pénétré

    aussi le monde universitaire.

    Une demande croissante de valeurs

    Cette coupure entre foi et culture fut l’une des raisons de la convocation du Concile Vatican II, a dit le pape, lequel avait pour "finalité fondamentale" de "réactiver" le dialogue entre l’Eglise et le monde moderne

    "au-delà des barrières historiques, ethniques, sociales et culturelles".

    Jean Paul II a fait observer qu’après "l’exaltation scientiste" s’est manifestée "une demande croissante de valeurs d’orientations éthiques sûres et

    la recherche passionnée de la paix spirituelle, en plus de la paix politique et sociale".

    Le pape augure un engagement commun autour d’un "programme de valeurs".

    En effet, "les possibilités mises à la disposition de la science et de la

    technologie se multiplient toujours plus, au point que l’on s’interroge sur

    la raison d’être de la recherche scientifique". "Tout ce qui est matériellement réalisable n’est pas aussi moralement licite", a ajouté Jean Paul

    II, affirmant que "l’homme ne vit pas seulement de technique".

    Au terme de sa rencontre avec les recteurs des Universités européennes,

    le pape s’est adressé aux responsables de la pastorale universitaire, les

    invitant à approfondir eux aussi le dialogue entre la foi et la raison à

    travers "une recherche passionnée de la vérité". (apic/gm/cip/ba/cor)

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