Rome: le pape invite les nations à établir un nouveau pacte social (200591)
Rome, 20mai(APIC) "Il n’est certainement pas impossible que puisse s’établir dans beaucoup de pays, y compris aux Philippines, un nouveau forum de
solidarité, on pourrait dire un pacte social, entre les responsables de la
vie publique, ceux qui contrôlent l’économie, ceux qui sont engagés dans
l’éducation et dans le développement scientifique et technologique et d’autres forces sociales", a déclaré Jean Paul II en recevant samedi au Vatican
le nouvel ambassadeur des Philippines près le Saint-Siège, Oscar Villadolid, venu présenter ses lettres de créance.
Il s’agirait, a précisé le pape, d’un pacte par lequel tous s’engageraient à améliorer les conditions de vie en société de telle sorte qu’un
nombre toujours plus grand de citoyens puisse en bénéficier. Pour qu’un tel
projet se réalise, les autorités publiques doivent apporter la preuve
qu’elles sont vraiment au service de la communauté, a-t-il souligné.
Quant aux responsables du secteur industriel, ils doivent conjuguer
l’impératif du profit et de l’augmentation de capital avec les exigences de
la justice et la création de conditions de travail qui respectent la personnalité et la créativité des ouvriers. Ceux qui sont engagés dans les
secteurs éducatif et de l’opinion publique doivent promouvoir une vision de
l’existence dans laquelle le critère de jugement et d’action est la dignité
transcendante de chaque personne, a relevé le pape.
Tous, a conclu Jean Paul II, doivent être convaincus qu’une nation doit,
en tant que communauté de personnes, se construire sur une solide base
éthique et morale, ce qui requiert de la part de chaque citoyen un sens de
la responsabilité en fonction du bien de tous.
Le pape a encore relevé que depuis la chute des régimes communistes à
l’Est, "le déséquilibre entre nations riches et pauvres est certainement
aujourd’hui la source la plus menaçante de conflits parmi les peuples". A
ce propos, le pape a souhaité que la communauté internationale révise ses
systèmes et priorités dans le domaine économique et social. Il ne s’agit
pas, a-t-il précisé, de critiquer les progrès réalisés par les nations les
plus avancées ni d’ignorer la responsabilité qu’ont à l’égard de leur propre croissance les pays en voie de développement, auxquels il revient de
mettre en oeuvre "des politiques sages et des efforts soutenus". (apic/jtcip/cor)