Rome: le pape inaugure la réunion plénière des cardinaux (040491)
Rome, 4avril(APIC) Jean Paul II a inauguré jeudi matin à Rome la réunion
plénière de tous les cardinaux du monde réunis jusqu’à dimanche au Vatican
à l’invitation du pape. La session, à laquelle participent 112 cardinaux
venus des cinq continents (121 sur 141 cardinaux dans le monde sont attendus), est consacrée à deux thèmes: "L’Eglise face aux menaces actuelles qui
pèsent sur la vie humaine", avec une attention spéciale au problème de
l’avortement, et "L’Annonce du Christ, unique Sauveur et le défi des sectes".
Dans son discours inaugural, le pape a souligné que les thèmes au programme sont "des problèmes de grande importance pour la mission de l’Eglise"; ils concernent la dignité de l’homme et ses droits inaliénables, et
touchent de manière indirecte l’avenir de l’homme et de toute la société.
Jean Paul II a relevé que "la lutte entre la civilisation de la mort et la
civilisation de la vie et de l’amour continue".
Rapporteur général, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a ensuite évoqué le problème des menaces
qui pèsent sur la vie humaine, thème de la première journée de l’Assemblée.
Il a observé à ce propos que "nous sommes aujourd’hui témoins d’une authentique guerre des puissants contre les faibles (...) Avec la complicité des
Etats, des moyens colossaux sont utilisés contre les personnes à l’aube de
leur vie ou lorsque leur vie est rendue vulnérable par un incident ou par
une maladie, mais aussi lorsque leur vie est près de s’éteindre".
Le cardinal, qui a cité le chiffre de 30 à 40 millions d’avortements par
an dans le monde, a fait remarquer que "l’époque moderne se vante d’avoir
découvert les droits de l’homme, mais qu’en même temps ces droits, reconnus
en théorie, n’ont jamais été si profondément et si radicalement niés sur le
plan pratique". Mgr Ratzinger a en outre dénoncé la "philosophie des Lumières de notre temps" selon laquelle "la raison doit s’émanciper de tous
liens avec la tradition et l’autorité". Il avertit en conclusion qu’un Etat
qui s’arroge la prérogative de définir quels êtres humains sont ou ne sont
pas sujets de droit, reconnaît par conséquent à certains le pouvoir de violer le droit fondamental à la vie des autres et contredit l’idéal démocratique.
Pour le cardinal Ratzinger, dans la mentalité moderne, le corps apparaît
plutôt comme un instrument au service d’un projet de bien-être. Et de souligner que la sexualité est dépersonnalisée et manipulée. Les deux sens de
l’acte sexuel, l’union et la procréation, sont séparés. Le rapporteur général a catégoriquement rejeté le raisonnement selon lequel le meilleur
moyen pour lutter contre l’avortement est la promotion de la contraception.
Le chantage du FMI
Cinq cardinaux représentant chacun un continent se sont ensuite exprimés
sur le thème de la journée. L’archevêque de Bologne, le cardinal Giacomo
Biffi, a souligné qu’"aucune guerre n’est plus ignoble que celle que les
hommes, avec le consentement de la loi et le financement de la société, ont
déjà déchaînée contre leurs fils qui n’ont pas encore vu la lumière". Il a
observé que les faits semblent nier l’argument que l’introduction de
l’avortement légalisé conduit à la diminution des cas d’avortements clandestins. Mgr Biffi a demandé, à l’instar du cardinal Ratzinger, un document
de l’Eglise sur la défense de la vie humaine. Ce document doit, de l’avis
de l’archevêque de Bologne, avoir le plus d’autorité possible et être caractérisé par la sobriété, le calme et la clarté évangélique.
Le cardinal Jean Margéot, archevêque de Port-Louis (Ile Maurice), s’en
est pris de son côté au Fonds monétaire international (FMI). Le FMI, a-t-il
dénoncé, lie son aide économique au contrôle des naissances par tous les
moyens dans les pays en voie de développement. Les trois autres rapporteurs, le cardinal John O’Connor, archevêque de New York, le cardinal José
Falcao, archevêque de Brasilia, et le cardinal Christian Tumi, archevêque
de Garoua, sont également intervenus dans le même sens dans ce débat de la
première journée.
Les cardinaux se sont ensuite répartis en neuf groupes linguistiques
afin de confronter leur vues sur le thème de ce premier jour de session.
(apic/jt/pr)