victimes dans "l’Etat d’Israël"... et en Irak
Rome, 23janvier(APIC) Dans un nouvel appel à la paix lancé à l’occasion
de l’audience générale du mercredi, Jean Paul II a exprimé sa solidarité
avec les Israéliens victimes des attaques irakiennes, en citant nommément
l’Etat d’Israël. Le pape s’est en outre déclaré "proche des populations de
l’Irak et des autres pays impliqués" dans le conflit. La veille, la communauté juive de Rome avait reproché au pape de ne pas l’avoir fait dès les
premières attaques, certains allant jusqu’à faire un rapprochement avec le
"silence" de Pie XII durant la seconde guerre mondiale.
"Tandis que perdure l’usage de la violence, avec ses conséquences tragiques et douloureuses, dans la région du Golfe et dans les Pays Baltes, je
vous invite, chers frères et soeurs, à la prière et au sacrifice incessants, afin que le Seigneur inspire à tous des sentiments de paix et une
volonté de dialogue", a déclaré Jean Paul II. Le pape demande que soient
abrégées d’aussi grandes souffrances: "Je pense surtout à ceux qui sont
tombés, aux prisonniers de guerre et à tant de victimes civiles".
Jean Paul a encore exprimé sa solidarité "avec ceux qui, dans l’Etat
d’Israël, ont à souffrir des bombardements déplorables de ces derniers
jours et d’hier". Et d’ajouter: "De la même façon, je suis proche des populations de l’Irak et des autres pays impliqués, soumises elles aussi à de
terribles épreuves". Le pape a conclu en priant "le Seigneur, Prince de la
Paix, de nous aider dans la recherche de solutions dignes de l’homme".
Requête juive
Le mardi 22 janvier, la communauté juive de Rome exprimait une nouvelle
fois sa déception face à l’attitude du Saint-Siège, en l’invitant à reconnaître enfin l’Etat d’Israël.
Signé par le grand rabbin Elio Toaff et par le Conseil de la communauté
juive de Rome, le communiqué était publié en réaction à la prière récitée
par le pape à l’Angélus du dimanche 20 janvier. "Comme frères en Abraham,
et donc avec des sentiments de paix à l’égard des fils d’Abraham musulmans,
chrétiens et juifs, nous estimons que le moment est venu pour le Souverain
Pontif de reconnaître l’Etat d’Israël, comme contribution du Saint-Siège à
la cause de la paix", peut-on lire dans le communiqué en question.
Constatant que le pape avait lancé un enième appel à la paix dans la région du Golfe sans citer Israël, qui avait déjà été la cible des missiles
irakiens, les responsables de la communauté juive de Rome affirmaient avoir
regardé "avec espoir l’engagement résolu que Jean Paul II a consacré à la
recherche d’une solution pacifique". Ils disaient cependant "attendre toujours du pape une condamnation en termes clairs de la menace répétée de
l’Irak de vouloir détruire l’Etat d’Israël". Plus encore, ils auraient voulu entendre "des paroles claires sur les attaques qui se sont succédé sur
Tel-Aviv et Haïfa".
La communauté juive juge "indéfendable d’un point de vue politique et
injustifiée au plan moral" la position du Saint-Siège: "Quarante ans après
la création de l’Etat d’Israël", affirme le communiqué, qui ne fait nullement mention du problème palestinien, "le Saint-Siège et Jean Paul II évitent même d’en prononcer le nom. De nombreux juifs en concluent que c’est
en raison d’un préjugé d’ordre théologique que le Saint-Siège ne reconnaît
pas l’Etat d’Israël".
L’allusion à "l’absence d’une parole claire envers les juifs" de la part
du Saint-Siège lors de la seconde guerre mondiale est suivie d’une invitation: "Si Jean Paul II croit au droit des juifs à vivre en tant que juifs
et à celui du peuple d’Israël de vivre dans l’Etat d’Israël, il comprendra
nos sentiments et le proclamera urbi et orbi, comme un frère qui ne fait
pas de distinctions entre ses frères". (apic/cip/jt/pr)