Espoir en la "perestroïka"
Rome, 18avril(APIC/CIP) "Des vents de renouveau semblent souffler dans
votre société", a déclaré Jean Paul II lundi en recevant en audience les
sept évêques de Lituanie, dans une allusion transparente à la politique de
la "perestroïka" de Mikhaïl Gorbatchev. Il a demandé à cette occasion que
l’on accorde la pleine liberté religieuse pour les catholiques de cette
république socialiste soviétique balte.
Conduits par Mgr Liudas Povilonis, administrateur apostolique de Kaunas
et de Vilkaviskis et président de la Conférence épiscopale lituanienne, les
évêques de Lituanie se sont rendus à Rome dans le cadre de leur visite
quinquennale au siège de Pierre ("ad limina"). Dans son discours, prononcé
en latin, Jean Paul II a évoqué la précédente visite ad limina effectuée
par les évêques de Lituanie en 1983. Une visite qui survenait, a-t-il
précisé, après "une période d’isolement longue et tourmentée", et ce à la
veille du cinquième centenaire de la mort de saint Casimir, prince héritier
de Pologne (+ 1584) et patron de la Lituanie.
La présente visite, a ajouté le pape, a lieu dans un contexte de joie,
en raison de la célébration d’un autre "temps de grâce" : le 6e centenaire
du baptême de la nation.
Jean Paul II n’a pas caché qu’il aurait aimé être présent à Vilnius, "le
berceau de votre baptême", pour y assister à l’ouverture solennelle du jubilé. "Hélas, a-t-il ajouté, cela n’ a pas été possible." Jean Paul II a
dit combien le témoignage de la vitalité et de la ferveur avec lesquels le
peuple a célébré ce jubilé a été pour lui un motif de satisfaction. "Une
participation aussi intense, a-t-il affirmé, est certainement une preuve
éloquente que le peuple a gardé intact l’inestimable don de la foi".
Des vents de renouveau - une attente très vive
Après avoir assuré les prélats de la solidarité de l’Eglise de Rome,
comme de toutes les Eglises de par le monde, avec l’Eglise de Lituanie,
Jean Paul II a observé que "des vents de renouveau semblent souffler dans
votre société", des vents "qui suscitent chez des millions d’hommes et de
femmes des attentes très vives. On est en droit d’espérer, a-t-il ajouté,
que ne soient pas déçues les attentes des frères et des soeurs qui, en Lituanie comme dans d’autres régions, professent avec sincérité leur propre
foi religieuse."
Le "profond malaise" de l’Eglise en Lituanie
Relevant que la liberté qu’ils invoquent est inscrite dans le coeur de
chaque homme, le pape a notamment mentionné l’aspiration des familles à la
liberté religieuse. A ce propos, il a fait état d’un "profond malaise" de
l’Eglise en Lituanie du fait qu’elle n’a pas la possibilité de s’organiser
comme elle en a le droit, d’exercer sa mission pastorale, d’assurer l’enseignement religieux et de choisir et de garantir une préparation adéquate
aux candidats au sacerdoce. Les religieux, de même, n’ont pas de reconnaissance légale. Le pape a assuré que le Saint-Siège fait en sorte que tous
les diocèses de Lituanie puissent avoir à leur tête un propre pasteur.
Abordant le problème du manque de candidats au sacerdoce, il a déclaré
qu’il partageait la peine des évêques à la constatation que le nombre des
prêtres, déja insuffisant, ne cesse de diminuer. "Je sais, a-t-il dit, les
limites qui vous sont imposées dans ce secteur si vital." Néanmoins, la pénurie du clergé ne peut être le prétexte d’une moindre vigilance concernant
l’intention, la libre volonté et les qualités des candidats. (apic/jt/be)