"Les offenses à la mémoire des victimes de la Shoah..."
Rome, 28octobre(APIC) Jean Paul II a condamné sévèrement l’antisémitisme
et plus généralement la xénophobie, le racisme et le nationalisme fanatique. Il l’a fait au cours de l’audience générale du mercredi, cinq jours
après avoir reçu Shimon Peres, ministre israélien des Affaires étrangères.
Le pape a voulu exprimer "une pensée de solidarité fraternelle" avec le
peuple juif, en ce jour anniversaire de la promulgation de la déclaration
du Concile Vatican II sur les relations avec les religions non chrétiennes ("Nostra Aetate", 28 octobre 1965) et une semaine après la clôture du cycle des fêtes
marquant l’ouverture de l’année juive.
Le pape a évoqué ces anniversaires "en gardant dans l’âme une amertume
très vive pour les nouvelles attaques et profanations qui depuis quelques
temps, offensent la mémoire des victimes de la Shoah dans les lieux mêmes
qui furent témoins des souffrances de millions d’innocents". Et d’ajouter:
"Comme l’enseigne le Concile et comme je l’ai répété à la synagogue de Rome, l’Eglise déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d’antisémitisme qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs,
ont été dirigées contre les juifs".
"Toute forme de racisme est un péché contre Dieu"
Le pape a ensuite stigmatisé toute forme de racisme: "Plus généralement,
devant des épisodes répétés de xénophobie, de tensions raciales et de nationalismes extrêmes et fanatiques, je sens le devoir de confirmer que toute forme de racisme est un péché contre Dieu et contre l’homme, puisque
chaque personne porte gravée en elle l’image divine".
Le dialogue entre catholiques et juifs est né dans la foulée de la déclaration "Nostra Aetate", un document très bref, mais qui donna une impulsion décisive au dialogue dont il reste la référence, même si trois déclarations plus engageantes ont été publiées depuis. Le chapitre de la déclaration consacrée aux juifs (huit paragraphes) lave ceux-ci de l’accusation
de "déicides", souligne l’importance des "racines" juives du christianisme
et réclame une étude systématique et dépassionnée de l’antisémitisme,
notamment de la législation antijuive des conciles du Moyen-Age.(apic/cipba)