Rome: le pape clôture la réunion des évêques américains (120389)
Rome, 12mars(APIC) La rencontre entre une représentation de l’Eglise
américaine et le pape et les plus hauts membres de la curie romaine s’est
achevée samedi 11 mars à Rome après 3 jours d’entretiens. Dans son discours
de clôture, Jean Paul II a déclaré que cette réunion avait renforcé l’esprit collégial. Après avoir souligné l’importance de la confession, le pape
a relevé que les agents, et en premier lieu les pasteurs, doivent proclamer
le vrai message. "Le succès ne peut être le critère ou la condition de
l’évangélisation mais, le critère et la condition de l’évangélisation doivent être la fidélité à la mission", a dit le pape en citant un participant. Il est important, a-t-il enchaîné, que les défis ou chaque opposition
à la vérité soient abordés dans le contexte de la foi.
Durant la conférence de presse finale, l’archevêque de Boston, le cardinal Bernard Law, a souligné qu’il ne s’"agissait pas d’une réunion sur les
tensions". S’il y a une tension, a-t-il dit, c’est celle qui est éternelle
entre le monde et l’Eglise. "L’Eglise s’affronte à des éléments culturels
qui rendent difficiles sont évangélisation". Pour sa part, le cardinal Antonio Innocenti, préfet de la Congrégation pour le clergé, a qualifié cette
rencontre "de fraternelle".
Au cours des trois jours de ce mini synode, différents problèmes de
l’Eglise américaine ont été traités. On a ainsi indiqué que l’evêque est
trop souvent réduit à un rôle d’"administrateur spirituel", et que d’autres
personnes, comme par exemples des théologiens, ont une plus grande influence que les évêques. Il est notamment ressorti qu’il faut distinguer les
éléments essentiels de la foi pour lesquels est nécessaire une intervention
définitive de la part de l’évêque.
A propos des "prêtres comme agents de l’évangélisation", les entretiens
ont permis d’aborder la question de la formation spirituelle des prêtres
qui doit occuper une position prioritaire dans ce monde sécularisé: "Les
prêtres sont des hommes de prière et pas des "managers". Le risque de
"cléricalisation du laïcat", dans le sens d’une absence de distinction entre les ministères ordonnées et les ministères. non-ordonnés a en outre été
soulevé.
Les traditionalistes aux Etats-Unis: un groupe limité
Durant la session sur la responsabilité pastorale envers la vie religieuse, il a aussi été discuté de l’effet "du féminisme radical" A ce sujet,
on a exprimé la "nécessité urgente d’une bonne critique philosophique théologique envers ce type de féminisme. Abordant "la liturgie et les sacrements", les participants se sont aussi penchés sur la question des traditionalistes. Ils constituent, a-t-on dit, un groupe limité mais doté d’une
voix dans la société. D’une voix qui ne suit pas l’autorité de l’évêque.
Les traditionalistes, a-t-on insisté, "présentent une image déformée de la
vie liturgique aux Etats-Unis". A propos de l’introduction de la messe selon les principes du Concile de Trente, il a été expliqué qu’il existe une
hésitation pour une telle introduction à cause de l’attitude de certains
traditionalistes envers l’autorité ecclésiastique locale et envers les
développements introduits par le Concile Vatican II.
Des hommes de foi
En parlant de la confession, certains évêques ont suggéré que l’emploi
de l’absolution générale pourrait favoriser la confession personnelle. La
formation des laïcs a également fait l’objet d’une discussion: leur formation doit être améliorée et la constitution d’une commission mixte a été
proposée. Plusieurs points ont été abordés dans le cadre de la discussion
sur la famille. il est ressorti que beaucoup d’éléments de la culture
américaine (individualisme exagéré, révolution sexuelle, mass médias) sont
en contradictions avec les valeurs de la famille traditionnelle. A ce propos, il a été demandé une attention spéciale pour les cours de préparation
au mariage. Les évêques ont déploré le grand nombre d’annulations de mariages aux Etats-Unis. Ils ont en même temps assuré que les tribunaux suivent
les normes et procédures prévues par le code de droit canonique.
Les prélats américains ont en outre remarqué que le système d’éducation
chrétienne dans leur pays est bien développé. Mais, disent-ils, il absorbe,
surtout pour les écoles élémentaires et secondaires, une grande partie du
budget de la paroisse. A propos d’un document pontifical, actuellement en
préparation, sur l’éducation catholique supérieure, les évêques demandent
de porter une sensibilité particulière pour les vrais problèmes comme
l’identité catholique et la liberté académique. S’exprimant au sujet des
séminaires et des vocations, les évêques américains ont exprimé leurs satisfactions pour les "visitateurs envoyés par le Vatican". On indique toutefois que parfois l’accent en ce qui concerne les vocations est trop mis
sur les critères sociologiques et qu’on minimalise et même ignore le contexte de la foi dans lequel les vocations doivent être encouragées.
Concluant la réunion, le cardinal Joseph Bernardin a déclaré que très
souvent les américains sont présentés comme étant en conflit avec Rome.
Mais il a expliqué qu’ils sont tous des hommes de foi unis autour du
Seigneur. (apic/jt/pr)