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    Rome: le pape approuve le "Catéchisme de l’Eglise catholique" (260692)

    Un instrument pour transmettre les contenus

    essentiels de la foi et de la morale catholique

    Rome, 26juin(APIC) Jean Paul II a reçu jeudi les membres de la Commission

    et du comité de rédaction chargés de la préparation du "Catéchisme de

    l’Eglise Catholique" et a approuvé officiellement le document, en chantier

    depuis 1986 et élaboré après consultation de l’épiscopat mondial. Le nouveau catéchisme universel a été présenté vendredi à la presse par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    Le travail de traduction et d’impression restent à réaliser. Aucune date

    n’est pour l’instant avancée pour sa publication. Le texte français - texte

    de base -, version de travail du volume de quelque 450 pages, sera traduit

    dans les langues les plus parlées.

    "Le catéchisme de l’Eglise catholique", titre du nouvel instrument de

    travail destiné d’abord aux évêques, mais aussi aux rédacteurs de catéchistes et autres membres du peuple de Dieu, se divise en quatre parties: "La

    profession de foi"; "La célébration du mystère chrétien"; La vie dans le

    Christ"; "La prière chrétienne". Chaque partie étant subdivisée en plusieurs chapitres, sections, articles ou paragraphes. Un index complète

    l’ouvrage.

    Le catéchisme se présente comme "un instrument pour transmettre les contenus essentiels et fondamentaux de la foi et de la morale catholique,

    d’une manière complète et synthétique". Quant à son statut, c’est un texte

    magistériel, au sens où il a été suggéré par un Synode, voulu par le pape,

    préparé par des évêques, et qu’il est le fruit de la consultation de

    l’épiscopat, qu’il a enfin été approuvé par le pape, au titre de son magistère ordinaire.

    Aux évêques avant tout

    Si on s’en tient à la typologie classique, c’est un "grand" catéchisme,

    destiné d’abord aux évêques en tant que premiers responsables de la catéchèse, aux rédacteurs de catéchismes, et "enfin" aux autres membres du peuple de Dieu. C’est donc un document concis, sobre, précis, offrant une

    structure ordonnée et organique. Le contexte socio-ecclésial n’est évoqué

    que dans ses traits universels, tandis qu’on évite des indications pédagogiques et des applications méthodologico-didactiques (laissées aux catéchismes nationaux et diocésains).

    Le style est déclaratif plus que démonstratif: il s’agit "d’annoncer la

    vérité chrétienne avec la certitude propre de l’Eglise, cherchant d’un côté

    à respecter les différents degrés de certitude que l’Eglise possède dans

    les diverses disciplines, et d’un autre côté, à éviter les opinions théologiques".

    Digne du grand concile

    La structure est classique, avec quatre parties dans lesquelles sont exposées ce que l’Eglise croit (le Credo), célèbre (les sacrements), vit (les

    commandements), prie (le Notre Père).

    Comme le catéchisme de Trente, c’est un document conciliaire. Bien que

    n’ayant pu être appelé "Catéchisme du Concile Vatican II" (n’ayant pas été

    demandé par celui-ci), il est relié au dernier concile: non seulement il a

    été demandé par un synode convoqué vingt ans après Vatican II pour célébrer

    l’événement et "vérifier et relancer l’application du magistère conciliaire", mais son contenu "reflète essentiellement, sinon même exclusivement"

    ce concile, comme il se propose de "donner réalisation et actualisation

    pleines et fidèles" à l’enseignement conciliaire.

    Mgr Giovanni Lajolo, président de la Commission éditoriale, en souligne

    l’importance dans une brève présentation: "La composition hautement représentative de la Commission, les cinq ans et plus de travail intense, la

    consultation au niveau de l’Eglise universelle ample et qualifiée par bien

    des aspects, tous ces éléments amène à penser que ce nouveau catéchisme fera date, comme un document digne du grand concile oecuménique, qui en est

    le point de référence idéal, et comme un ouvrage d’utilité permanente pour

    les pasteurs et les catéchèses de la génération présente et de celle du

    troisième millénaire, au service desquels il a été conçu".

    Les limites

    Dans sa note de présentation, la Commission éditoriale relève aussi les

    limites du document. Limites structurelles, tout d’abord: c’est un des instruments, "certes privilégiés, mais non unique ni exclusif", de la catéchèse, laquelle est à son tour une des expressions, "ni unique ni exclusive" du ministère prophétique de l’Eglise.

    Limites contingentes ensuite: destiné à toute l’Eglise, il ne peut prendre en compte les aspects particuliers et spécifiques des Eglises locales.

    C’est pourquoi il "requiert nécessairement la méditation ultérieure des catéchismes nationaux et diocésains". Portant sur le contenu de la catéchèse,

    il laisse à ces derniers le soin d’aborder les autres aspects (la méthode,

    le destinataire...).

    La Commission éditoriale est aussi consciente que le nouveau catéchisme

    est une oeuvre "collégiale". Cela peut "avoir des conséquences sur son homogénéité rédactionnelle".

    Un appel à la créativité

    La décision de réaliser ce catéchisme fait suite à une recommandation de

    l’Assemblée extraordinaire du Synode des évêques de 1985, réuni pour faire

    le bilan vingt ans après la clôture du Concile Vatican II et dont le rapporteur général était le cardinal Godfried Danneels. Le rapport final précisait que "très nombreux sont ceux qui ont exprimé le désir de la création

    d’un catéchisme ou "compendium" de toute la doctrine catholique aussi bien

    en matière de foi que de morale, afin qu’il soit quasiment un point de référence pour les catéchismes ou "compendiums" préparés dans les différentes

    régions." Telle a bien été la perspective de la Commission chargée de sa

    réalisation, sous la présidence du cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la

    Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Dans le dossier d’information publié vendredi, la Commission précise que le nouveau catéchisme "requiert

    nécessairement la médiation ultérieure indispensable des catéchismes nationaux et diocésains".

    Qu’est-ce qu’un catéchisme?

    Qu’est-ce-qu’un catéchisme? Le mot dérive de "catéchèse", un terme qui

    n’apparaît ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament, et que les grecs

    utilisaient dans le domaine du théâtre. Il signifie "faire résonner comme

    un écho". Le terme a été adopté dans l’Eglise naissante pour indiquer le

    devoir primordial d’annoncer le salut et de faire des disciples. Le catéchisme est un texte qui contient les vérités chrétiennes fondamentales formulées d’une manière claire. C’est un genre didactico-religieux qui peut

    assumer des expressions concrètes très diverses selon ses destinataires: on

    parle de "grand"catéchisme s’il s’agit d’un instrument destiné aux évêques,

    aux curés ou aux catéchistes, de "petit" catéchisme si le destinataire est

    l’enfant, l’adolescent ou l’adulte qui reçoit la catéchèse.

    Qu’il soit grand ou petit, qu’il s’appelle "doctrine chrétienne", "compendium" ou "abrégé", le catéchisme a une longue histoire, qui remonte à

    l’Antiquité (la "Didachè" de l’Ancien Testament). Dans le Nouveau Testament, les Evangiles sont le premier grand catéchisme, transmis oralement.

    Le premier catéchisme proprement dit et désigné sous cette appellation date

    du XIVe siècle. Le grand siécle des catéchismes est le XVIe, suite à la publication, au lendemain du concile de Trentem du catéchisme dit "de saint

    Pie V" (1566). Le but était à l’époque de défendre la doctrine devant la

    scission protestante.

    Peut-on parler d’uniformisation des catéchismes depuis le concile de

    Trente? Le dossier publié par la Commission éditoriale tient à ce sujet à

    marquer la distinction entre unité et uniformité. Cette dernière est enfermée dans un schéma unique. L’unité, au contraire "sauvegarde la substance,

    laissant sa liberté à la créativité". Le Catéchisme de Trente a apporté

    l’unité, mais sans effacer d’autre part l’efficacité des autres textes,

    comme les catéchismes publiés par saint Pierre Canisius (dès 1555) ou le

    "Catéchisme du 3e Concile de Lima (1585). La Commission éditoriale signale

    aussi l’influence notable que jouèrent les catéchismes publiés par Luther

    et d’autres réformateurs, parmi lesquels Calvin et la longue liste des catéchismes que l’on trouve dans chaque région, du concile de Trente à nos

    jours.

    Le catéchisme universel proposé aujourd’hui s’inscrit dans cette longue

    réalité et, pas plus que celui de Trente, il ne sera l’unique catéchisme,

    indique la Commission, mais "la base et le point de référence pour la préparation des catéchismes locaux (...) Il encouragera le concours de la

    créativité pour l’évangélisation, au seuil du troisième millénaire. Il continuera la meilleure tradition catéchétique catholique".

    Une dizaine de projets, 24’000 amendements

    Le nouveau catéchisme est le fruit d’un travail de longue haleine, qui a

    débuté lors de la première réunion (novembre 1986) d’une commission de cardinaux et d’évêques nommés par Jean Paul II. Du premier schéma (février

    1987) au vote du texte définitif (14 février 1992), une dizaine de projets

    ont été nécessaires à son élaboration, dans laquelle la consulation a pris

    une place importante. La Commission a reçu 938 réponses émanant pour la

    plupart d’évêques individuels (797), de Conférences épiscopales (28) et de

    groupes d’évêques (23).

    24’000 amendements - qui portent sur toutes les matières traitées - ont

    été examinés par un Comité de théologiens, qui a ainsi rédigé, grâce aussi

    à l’utilisation de l’ordinateur, une radiographie des réponses d’où se dégageaient quelques grandes tendances. On y constate une quasi unanimité sur

    l’opportunité de publier un catéchisme universel, mais aussi des divergences sur son appellation, sa rédaction et ses contenus. On relèvera en outre

    que les avis exprimés sur les "projets révisés" n’ont guère varié au fur et

    à mesure que les réponses arrivaient. Les réponses négatives ont été de

    10%, "ce qui correspond au pourcentage obtenu lors du vote sur les documents du Concile Vatican "", relève en conclusion la Commission. (apic/cippr)

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