Rome: le cardinal Sodano analyse la situation mondiale (281292)
Rome, 28décembre(APIC) Le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du
Saint-Siège a donné lundi au journal italien "La Stampa" une longue interview. Le numéro deux du Vatican analyse quelques problèmes actuels en particulier la situation en ex-Yougoslavie et au Moyen-Orient, le racisme et
l’antisémitisme. Il réaffirme notamment le principe de la légitime défense
pour les Bosniaques.
A propos de la guerre en Bosnie-Herzégovine, le cardinal Sodano nie que
le Vatican ait changé d’attitude ou d’opinion depuis la guerre du Golfe où
il s’était opposé à l’intervention militaire alliée. "Il n’y a pas de changement de principes, mais un jugement différent sur une situation historique déterminée." Mgr Sodano rapelle que le Concile Vatican II a affirmé "la
thèse inchangée de l’Eglise, celle de l’immoralité de la guerre, mais de
l’admissibilité d’une guerre de défense". Le Concile indique aussi des limites précises à la guerre de défense, note le cardinal. "Pour le Golfe,
les conditions de légitimité pour une guerre ne semblaient pas être réunies. Parce qu’avant tout, les possibilités de dialogue et de négociation
ne semblaient pas encore épuisées. De plus, les effets dévastateurs de cette guerre semblaient bien plus graves que les maux à éliminer."
Pour la Bosnie, le secrétaire d’Etat explique qu’"il y a un jugement
différent: les négociations de paix sont sur le point d’être épuisées; il y
a une agression contre un peuple qui demande à être défendu". Mgr Sodano
qui cite les camps de concentration et les "violations féroces des droits
élémentaires de l’homme" parle d’une situation désespérée et très grave
dans laquelle il devient légitime et obligatoire de désarmer l’agresseur si
tous les autres moyens se sont révélés inefficaces.
L’expulsion des 415 Palestiniens viole les droits de l’homme
A propos du Proche-Orient et de l’expulsion par Israël des 415 Palestiniens, le cardinal note qu’on déplore surtout "la disproportion entre la
faute et la réponse qui viole les normes juridiques et les droits de l’homme élémentaires. En parlant des relations avec Israël, le Secrétaire d’Etat
observe que l’absence de rapports diplomatiques normaux n’a pas de motifs
anti-juifs d’ordre religieux, mais des motifs d’ordre contingent, concernant certaines graves questions pour lesquels les gouvernements israéliens
n’ont jusqu’à présent pas offert de solutions satisfaisantes. Par exemple
le statut de Jérusalem, la condition juridique des institutions catholiques, la situation dans les Territoires occupés et l’avenir du peuple Palestinien.
Le nationalisme, le racisme et l’antisémitisme au pilori
Mgr Sodano remarque en outre que si "l’amour de la nation est chrétien,
l’idolâtrie de la nation est antichrétienne". Il faut "condamner durement
avec des sanctions légales sévères le racisme et l’antisémitisme". Mais
ajoute-t-il, "il ne semble pas que ce phénomène puisse constituer un danger
grave étant donné qu’ajuourd’hui la majorité des Européens est opposée au
racisme et à l’antisémitisme".
A propos d’une possible visite du pape en Russie, le numéro deux du Vatican répond que "cela dépendra de l’évolution de la situation politique en
Russie et du dépassement des égoïsmes et susceptibilités des frères orthodoxes". Pour le moment, "on est obligé d’attendre", a-t-il conclu. (apicjt/mp)