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    sur le centralisme de l’Eglise catholique

    Rome: le cardinal Ratzinger s’exprime (281191)

    "Chaque système a ses faiblesses

    Hambourg/Vienne/Rome, 28novembre(APIC) Le cardinal Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi, a pris position

    au sujet des critiques concernant la nomination de certains évêques. Dans

    une interview publiée jeudi 28 novembre par l’hebdomadaire allemand "Die

    Zeit", il explique qu’un évêque n’est certes pas élu démocratiquement, mais

    qu’une nomination doit résulter de la connaissance et de l’écoute des gens.

    "Cependant chaque système a ses faiblesses", a-t-il poursuivi.

    Le journal "Die Zeit" met face à face Josef Ratzinger et le cardinal

    Franz König, archevêque émérite de Vienne. Le cardinal König relève pour sa

    part que le pape est lui-même bel et bien "lié", ajoutant que cela fait

    naître de nombreux conflits, de la politique du personnel jusqu’à la morale, "des conflits peut-être évitables".

    Des intrigues qui parviennent au pape "par la porte de derrière"

    Il en est ainsi par exemple à propos des nominations épiscopales contestées en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Ces derniers temps à Rome,

    dans ce domaine, on n’a souvent pas pris en considération la voix et l’opinion des Eglises locales et de leurs pasteurs. Il y a eu des défaillances

    humaines, et aussi des intrigues qui parviennent au pape "par la porte de

    derrière". La nécessité du dialogue, "l’exigence de la participation dans

    un monde tendant vers l’unité" devient aussi toujours plus forte au sein de

    l’Eglise. "Et cela doit être pris en considération par Rome", souligne le

    cardinal König.

    A propos de l’opinion de Mgr König selon laquelle l’Eglise doit encore

    faire "un processus d’apprentissage" dans la question de la responsabilité

    collégiale des évêques, le cardinal Ratzinger confirme: "Certainement, dans

    la situation actuelle du monde, nous devons réapprendre la collégialité".

    Le cardinal König a souligné qu’au cours de l’histoire, en ce qui concerne les documents doctrinaux de l’Eglise, certains se sont révélés "conditionnés par l’histoire et erronés". Mais, a-t-il précisé, il est important de séparer ce qui relève de la foi, du message du Christ pour tous les

    temps, de ce qui est l’enveloppe temporelle, l’accessoire. Lorsque que l’on

    ne sépare pas les deux choses, on aboutit toujours de nouveau à être induit

    en erreur.

    Le cardinal Ratzinger s’en est pris de son côté aux tendances centralisatrices de l’Eglise catholique: "L’idée selon laquelle le pape doit tout

    dire et tout prescrire et que les autres n’ont qu’à exécuter est complètement erronée. Cela ne correspond ni à la Bible, ni à la tradition et, d’autre part, cela ne serait pas humainement réalisable". Le pape "ne tranche

    pas de façon absolue, il est seulement le gardien de la foi reçue, qui le

    lie aussi lui-même comme tous les autres".

    Selon les termes du cardinal König, "l’impression revient toujours que

    la curie veut tout diriger et tout dominer". La collégialité des évêques,

    qui depuis le Concile Vatican II est devenue d’une importance considérable,

    "ne fonctionne pas correctement". Les synodes des évêques, estime-il,

    représentent plutôt "une solution de rechange". (apic/gs/mp)

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