Rome, 13juin(APIC/CIP) La situation pastorale du diocèse de Jean Paul II
est inquiétante. A l’occasion d’un congrès du clergé romain, organisé en
préparation au Synode diocèsain, le cardinal Ugo Poletti, vicaire général
du pape pour le diocèse de Rome, a constaté que "le climat néfaste des années 1968 et 1975 nous renvoie hélas aujourd’hui l’arrière-goût amer de ses
fruits".
C’est à ces années en effet que remontent la raréfaction des vocations,
le renoncement de nombreux prêtres - diocésains et religieux - et la disparition de nombreux prêtres âgés. Quant aux membres du clergé qui étaient
alors dans la force de l’âge, ils ont veilli à leur tour. Si l’on assiste
bien à une reprise des vocations, il reste un vide tragique dans la tranche
d’âge des prêtres de 35 à 45 ans, celle où l’Eglise peut précisément compter sur les forces les plus vigoureuses, que n’atteignent ni l’inexpérience
des jeunes ni la fatigue des aînés.
Des chiffres: au cours des 25 dernières années, le nombre des paroisses
romaines est passé de 240 à 350 (dont 183 sont confiées au clergé séculier
et 137 à des religieux), celui des prêtres engagés à plein temps dans le
ministère paroissial de 1.250 à 950 (450 diocésains et 500 religieux). Soit
un prêtre pour 4.000 fidèles, précise le cardinal Poletti, alors que la population a augmenté, que le territoire urbain s’est agrandi et que les besoins pastoraux sont plus grands que par le passé.
La situation financière n’est guère brillante non plus, notamment en
raison du plus grand nombre des paroisses, qui a nécessité la construction
de nouvelles églises. En 1968, le déficit se chiffrait à plus de six milliards de lires: il devrait atteindre cette année la barre des huit milliards de lire. (apic/cip/jt/pr)