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    Rome: Le cardinal Castrillon Hoyos se prononce sur la "Charte" de Dallas

    La loi de l’Etat et la loi de l’Eglise

    Rome, 18 octobre 2002 (APIC) La confiance qu’un prêtre doit avoir dans son évêque et inversement ne peut pas être modifiée par des conditionnements extérieurs tels que des lois d’Etat, a déclaré le cardinal Dario Castrillon Hoyos, en marge de la conférence de presse de présentation de l’instruction sur les curés de paroisse, le 18 octobre 2002.

    Interrogé sur sa position personnelle concernant la "Charte" des évêques des Etats-Unis, publiée en juin dernier à Dallas pour lutter contre la pédophilie dans l’Eglise, et sur la réponse négative aux normes juridiques attenantes à cette Charte, donnée par le Vatican aux évêques le 18 octobre, le préfet de la Congrégation pour le clergé, a relevé qu’il n’était pas possible d’"ignorer les nombreuses fausses accusations portées contre des prêtres". Le cardinal Hoyos faisait là allusion à l’évêque australien George Pell, "blanchi" ces derniers jours.

    "Il faut faire preuve de prudence juridique, de prudence évangélique et de prudence culturelle face à un scandale qui peut cacher l’honnêteté d’une ou deux personnes faussement accusées". Catégorique sur l’attitude à adopter en cas de preuves irréfutables concernant un prêtre pédophile - "dans ce cas, la loi est claire" -, le prélat a soutenu qu’il ne faut pas oublier les nombreuses fausses accusations qui ont "ruiné des hommes à tous les niveaux, économique, spirituel, psychologique".

    Pour le cardinal, "il est avant tout nécessaire de prendre en compte le problème existant entre la loi de certains Etats et la loi de l’Eglise". Faisant particulièrement allusion à la situation des Etats-Unis, celui-ci a insisté pour que la loi d’un Etat "n’aille pas à l’encontre des principes fondamentaux de l’Eglise". En particulier, a-t-il expliqué, "la confiance qu’un prêtre doit avoir dans son évêque et inversement ne peut pas être modifiée par des conditionnements extérieurs tels que des lois d’Etat".

    "Un homme honnête a le droit de refaire sa vie"

    Le préfet de la Congrégation pour le clergé a alors pris l’exemple d’un prêtre ayant commis une faute grave et s’étant "converti". "Combien de saints ont été canonisés alors qu’ils ont eu des vies qui n’en étaient pas!", a-t-il lancé. "La prescription prônée par certains Etats n’est pas seulement le choix d’un gouvernement particulier, mais un choix dicté par un respect universel face à un homme qui, après avoir péché gravement, a passé les 30 ou 40 années suivantes sur le droit chemin". Un homme honnête à le droit de refaire sa vie !, a-t-il conclu, avant d’affirmer, au sujet de la nouvelle commission mixte, "ensemble, nous trouverons une voie pour le bien qui n’est pas le patrimoine du Saint-Siège, mais de toute l’Eglise". (apic/imedia/pr)

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