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    Un colloque international au Vatican

    Rome: le capitalisme en quête d’éthique (200192)

    Rome, 20 janvier(APIC) "Le capitalisme est souvent loué pour son efficacité, mais cette efficacité est-elle en soi une valeur éthique?" Telle a été

    une des questions posées à la quarantaine de personnalités politiques et

    économiques européennes qui ont participé les 14 et 15 janvier au Vatican à

    un colloque intitulé "après 1991, capitalisme et éthique". La rencontre organisée par deux revues de politique internationale, l’espagnole "Politica

    Exterior" et l’allemande "Europa Archiv" sous l’égide du Conseil pontifical

    Justice et Paix entendait rendre un hommage à l’encyclique "Centesimus annus".

    Mario Conde, président du Banco Espagnol de crédit s’est montré rassurant: "Les grands groupes économiques ont eux-mêmes besoin de normes éthiques, d’un minimum de cohésion sociale et de justice pour se maintenir dans

    le temps." Simone Veil, ancienne présidente du Parlement européen, a usé

    d’une "certaine prudence" pour parler de la victoire du capitalisme sur le

    marxisme: "le marxisme nous a montré de façon paradoxale que l’homme a besoin de grands idéaux." Le cardinal Roger Etchegaray a considéré pour sa

    part que le capitalisme n’a pas à entrer au Vatican par la grande porte,

    mais que "plus que jamais l’Eglise demeure libre face à tous les régimes

    politiques et à tous les systèmes économiques". Pour le Père Jean-Yves Calvez, rédacteur en chef du mensuel jésuite "Etudes", le capitalisme doit

    lui-même promouvoir des valeurs éthiques. "Il faut faire la guerre à l’idée

    de l’entreprise contrainte pour sa survie de veiller à son seul profit,

    a-t-il lancé. Il y a des limites à l’obligation pour une entreprise de survivre".

    Le chef du parti libéral allemand, le comte Otto Lambsdorff, s’est montré pragmatique. Il a profité de son allocution pour promouvoir des méthodes efficaces pour la limitation des naissances. Il s’est demandé à propos

    de l’accroissement de la population mondiale "si cela peut être chrétien

    dans le vrai sens du mot et si cela entre dans l’intention de la création

    divine de promouvoir un droit à la vie abstrait également pour celui qui,

    dans de nombreux pays du tiers monde, n’aura même pas la possibilité de

    vivre de façon humaine"?

    Nécessité d’une discussion urgente sur le sens de la croissance

    Kurt Biedenkopf, premier ministre démocrate-chrétien de Saxe, s’est montré fort sceptique à propos des espoirs de la croissance dans les nouveaux

    Etats fédéraux allemands, mais également dans les nouveaux Etats issus de

    l’ex-URSS. En calculant une croissance annuelle de 2 % dans l’ancienne RFA,

    il estime que les pays d’Europe centrale et Orientale devraient eux compter

    avec une croissance annuelle de 15 % durant 15 ans pour pouvoir atteindre

    le niveau de vie occidental. De tels taux de croissance dans les pays de

    l’Est sont une pure illusion, a-t-il relevé. Avec l’effondrement du système

    socialiste, on peut maintenant se poser la question du sens de la croissance sans se faire traiter immédiatement de gauchiste ou de communiste. Une

    discussion fondamentale sur le sens de la croissance est absolument nécessaire et urgente, a estimé le premier ministre saxon. (apic/cr/cic/mp)

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