Rome: la Congrégation pour la Doctrine (190792)
Une Congrégation plus tolérante qu’autrefois mais toujours discutée
Rome, 19juillet(APIC) La Congrégation romaine pour "la Doctrine de la
foi" aura mardi 450 ans d’existence. Non pas sous ce nom qui lui fut donné
par Paul VI lors du Concile Vatican II en 1965. Pourtant, le 21 juillet
1542, le pape Paul III avait créé, pour lutter contre la Réforme protestante, la première commission permanente de cardinaux sous le nom de "Sacrée
Congrégation de l’Inquisition universelle", (le tribunal romain de l’Inquisition existait depuis 1260). Cette Congrégation prendra ensuite le nom de
"Saint-Office".
La Congrégation pour la Doctrine de la foi est compétente pour toutes
les questions de foi et de morale. Elle suit le mouvement des idées et des
recherches théologiques, elle suscite études et rencontres de spécialistes.
Après avoir consulté les évêques concernés, et donné aux auteurs dont les
écrits sont mis en cause la possibilité de se défendre, elle se prononce
sur les doctrines qui, en tout ou en partie, peuvent se révéler contraires
aux principes de la foi et de la morale.
Elle publie éventuellement des déclarations sur les problèmes doctrinaux
du moment, comme par exemple, "l’Instruction sur quelques aspects de la
théologie de la libération", en septembre 1984, ou la déclaration de janvier 1977, qui explique pourquoi l’Eglise catholique n’admet pas les femmes
à l’ordination sacerdotale. La Congrégation pour la Doctrine de la foi
compte deux commissions dont le rôle est important: la Commission théologique internationale et la Commission biblique.
Cette Congrégation n’a pas toujours eu bonne réputation. Déjà au temps
de la Réforme protestante, "elle devait purifier la doctrine catholique,
défendre l’Eglise contre les hérésies, examiner les infractions contre la
foi, et le cas échéant les condamner". Dans les premières dix années de son
fonctionnement, elle a agi parfois avec une beaucoup de rigueur: "Nulle
part ailleurs n’ont été portés des jugements si terribles que ceux proférés
par la Sacrée Congrégation romaine de l’Inquisition universelle", écrivait
le cardinal Seripano, un des théologien du Concile de Trente. Assurément,
il faut se remettre dans le contexte doctrinal de l’époque et des polémiques religieuses violentes qui s’affrontaient alors en Europe.
Les changements de noms au cours des siècles ont voulu manifester aussi
une plus grande tolérance et permettre, davantage que par le passé, aux
personnes poursuivies dans leurs écrits de pouvoir défendre leur position
théologique et leur place dans l’Eglise. Pourtant cette Congrégation, de
par sa fonction intrinsèque de "veiller au dépôt de la foi", garde une particularité de sévérité et de censure qui n’est pas appréciée par tous les
théologiens. Les prises de position de cette Congrégation sur la théologie
de la libération ou sur les écrits de théologiens de renommée mondiale,
comme le suisse Hans Küng, le dominicain hollandais Schillebeeckx, ou le
brésilien Leonardo Boff ont provoqué des polémiques dans l’Eglise.
Le cardinal allemand Joseph Ratzinger est l’actuel Préfet de la Congrégation. Environ 3O personnes travaillent sous sa direction au Vatican dans
le bâtiment qui se trouve sur la gauche de la place Saint-Pierre. (apiccic/theo/ba)