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    Rome: La Commission italienne "Justice et Paix" met en (201293)

    garde contre les excès de la lutte contre la corruption

    Rome, 20décembre(APIC) Traquer l’illégalité, c’est bien, régénérer la société civile, c’est mieux: c’est en substance ce qu’affirme la Commission

    "Justice et Paix" de la Conférence épiscopale italienne, dans un document

    intitulé "Egalité, justice et moralité".

    Evoquant la note pastorale de 1991 "Eduquer à la légalité", le document

    prend acte "qu’un effort de promotion et de défense de la justice s’amorce

    dans notre pays contre l’éclipse de la légalité et le large front de la

    corruption".

    La Commission italienne de "Justice et Paix" constate un regain d’actualité de la question morale, en réaction à une malhonnêteté du passé "longuement sous-estimée, tolérée voire partagée". Selon elle, cette attitude

    rallie l’opinion publique, qui s’oppose plus fermement à la mafia. Bref, il

    existe en Italie "une attente grandissante d’un renouveau définitif de la

    vie politique et des comportements sociaux".

    Mais le document s’interroge sur la portée réelle de cette réaction qui,

    avertit "Justice et Paix", peut s’épuiser en un instant ou dévier de ses

    buts. Et de mettre en garde contre certains risques: la confusion entre une

    exigence juste de châtier l’illégalité d’hier et "des rancoeurs personnelles, de mépris et da vengeance, dans un climat généralisé d’hostilité et de

    suscpicion".

    Pour la Commission, "l’amour de la justice doit produire une volonté

    commune de reconstituer un nouveau tissu communautaire, qui mette au ban

    tous les égoïsmes individuels et de groupes", grâce à une nouvelle éthique

    de service, dans le repect de la dignité de tous et avec des espaces pour

    les plus faibles en vue d’une solidarité plus vivante.

    Un autre danger, écrit "Justice et Paix", est d’attendre tout du respect

    formel des règles. La Commmision met en garde contre la réduction de la justice à une idée formelle, car le "code pénal en représente le minimum".

    "Il y a des domaines privés où une conduite irréprochable est aussi importante que sur le plan social... La corruption, dans la vie, c’est aussi un

    manque de fidélité à son propre devenir. La justice authentique coïncide

    avec la moralité".

    Il ne suffit pas de vaincre l’illégalité. Pour "Justice et Paix", ce

    n’est qu’un premier pas dans la régénération de la société civile. En dernier lieu, le texte critique la tentation de penser que la société est

    "sans espoir et sans remède". Il faut lutter contre le pessimisme de beaucoup, qui se traduit chez certains par "l’abandon de tout engagement politique, sans quoi les égoïsmes reprendront le dessus et la nouvelle politique sera indifférente à l’éthique". (apic/sv/pr)

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