Les évêques italiens "n’apprécient pas les prêtres qui le font"
Rome, 21janvier(APIC) La Conférence épiscopale italienne (CEI) n’admet
pas les invitations à la désertion lancées en Italie au cours des différentes manifestations contre la guerre dans le Golfe. Les évêques "n’apprécient pas les prêtres qui le font", a déclaré lundi Mgr Camillo Ruini, secrétaire général de la CEI, au terme de la réunion du Conseil permanent de
la CEI.
S’exprimant à propos de la crise du Golfe, les évêques italiens disent
être conscients du fait que la guerre ne va pas résoudre les problèmes
existant entre les nations. "Les évêques, avec le pape, demandent à Dieu la
fin du conflit et le rétablissement de l’ordre international pour le bien
de tous et en particulier pour une juste paix dans toute la région du Moyen-Orient", relève en outre un communiqué publié à l’issue de la réunion du
Conseil permanent de la CEI.
Mgr Ruini, qui avait été nommé la semaine dernière pro-vicaire de Rome,
a précisé lors d’une conférence de presse que les évêques se sont occupés
des problèmes sur le plan moral, sans prendre position sur les responsabilités politiques qui "ne sont pas de leurs compétences".
Expliquant l’attitude des évêques face au problème de l’objection de
conscience et du service militaire, un problème qui a refait surface en
Italie dans le cadre de la contestation contre l’intervention armée dans le
Golfe, le secrétaire général de la CEI a rappelé la position du pape qui a
mis les deux choix sur le même plan. Mgr Ruini a cependant nié qu’il y a
dévaluation et dépréciation de la part de l’Eglise envers ceux qui optent
pour le service militaire.
A propos de la désertion, à laquelle il a été fait appel au cours des
différentes manifestions en Italie, Mgr Ruini a relevé que les évêques
n’invitent pas à déserter: ils "n’apprécient pas les prêtres qui le font".
Les évêques italiens soulignent en conclusion l’"indissoluble connexion
de la paix avec le respect des droits de l’homme et des peuples. Pas seulement dans la région du Golfe, mais aussi en Lituanie, en Somalie et partout
où ces droits sont piétinés ou menacés". (apic/jt/pr)