américains sous l’égide de l’ONU en Somalie
Rome, 16juin(APIC) "L’Osservatore Romano", à la une de son édition du 16
juin sous le titre "La paix armée de l’ONU", se demande si l’attitude arrogante du "général" Aidid peut justifier les bombardements américains à Mogadiscio en Somalie sous l’égide de l’ONU.
Angelo Scelzo, vice-directeur du journal, rappelle que l’opération "Restore Hope" avait pour but de protéger l’aide humanitaire et de pacifier
une population à la merci des factions armées. Sept mois plus tard, écritil, "cette même population qui attendait la paix et l’aide alimentaire se
trouve au milieu d’une offensive avec des missiles et des bombardements de
tous genres".
En dépit d’"une très grande convergence sur la responsabilité et les
fautes d’Aidid", "L’Osservatore Romano" pose la question si "son attitude
arrogante peut justifier les bombardements américains sous l’égide de
l’ONU, voire le ratissage qui a eu pour résultat l’arrestation de 200 Somaliens". Et de constater que "sans le recours aux armes, l’ONU ne semble
plus capable de mener à bien l’opération".
L’éditorialiste compare l’attitude des casques bleus en Bosnie-Herzégovine et au Cambodge, où ils sont bornés à se défendre "sans jamais s’engager dans des actions punitives", et en Somalie, "où on tente de ramener la
paix en ayant recours aux armes américaines". A ce recours aux armes il oppose le fait qu’en Bosnie on ne parvient même pas à constituer des tribunaux contre les crimes de guerre.
Alibi humanitaire?
Le quotidien du Vatican fait remarquer que "la ’justice internationale’
contre le "général" Aidid risque d’accroître de façon injustifiée sa popularité et par ailleurs d’accréditer les accusations portées contre l’Occident d’avoir recouru à l’alibi humanitaire pour recoloniser la Somalie".
Angelo Scelzo tire la leçon: "Indéniablement, le cas somalien exige une
réflexion sérieuse et approfondie sur le rôle et les fonctions de l’ONU,
devant une réalité internationale marquée par des tensions tellement fortes, mais aussi par des différences accentuées. (...) Seul un cadre éthique
et moral précis peut orienter vers des solutions justes et en harmonie avec
le droit international les choix d’un organisme encore prestigieux comme
l’ONU". (apic/cip/cb)