Rome : l’Eglise et la démocratie chrétienne (170989)
Rome, 17septembre(APIC) Selon le cardinal Ugo Poletti, vicaire général de
Rome, les candidats qui se présentent aux élections municipales de la
capitale comme étant "sensibles à l’inspiration chrétienne de la vie
publique", doivent faire preuve de "limpidité et de compétence". Le vicaire
général du diocèse du pape qui est aussi président de la conférence
épiscopale italienne a fait cette déclaration dans une interview publiée
dans les pages romaines de l’édition italienne de l’Osservatore romano en
vue des élections administratives d’octobre.
L’Osservatore romano a trouvé nécessaire de publier une interview avec
le cardinal Poletti qui veut que la Démocratie chrétienne romaine change
son image pour pouvoir compter sur le plein appui de l’Eglise et dit que
les choix des candidats doivent être basés sur des critères comme l’honnêteté, la capacité et la compétence. Il dénonce "le partage du pouvoir". Le
cardinal précise enfin que l’autorité ecclésiastique est bien consciente de
ne pas avoir directement une compétence spécifique dans la vie politique de
la ville, mais sent "l’urgence du devoir moral de réaffirmer la vérité sur
les nombreux devoirs de justice, d’équité, de service, de présence..."
Le 29 octobre prochain, les Romains sont appelés aux urnes pour choisir
un nouveau conseil communal. Les élections romaines sont déjà depuis quelques temps objet de polémiques. La gestion du dernier maire, Pietro Giubilo, a été fortement critiquée. Il est démocrate-chrétien et appartient au
courant de l’actuel premier ministre Giulio Andreotti. Il avait été impliqué dans un scandale à propos de restaurants scolaires, on l’avait accusé
d’avoir favorisé le mouvement "Communion et Libération".
Les critiques à l’adresse de l’ex-maire ne viennent pas seulement du
monde politique, mais il y a aussi une forte insatisfaction dans les milieux catholiques. Au point que courrent des rumeurs selon lesquelles certains
voudraient même présenter aux élections prochaines une liste catholique alternative à la démocratie-chrétienne. Au mois de février, le pape, en recevant les responsables politiques de la ville, avait parlé d’une ville à
deux faces avec des coins de tiers-monde.
Le vicaire de Rome, Mgr Ugo Poletti, se lamentait pour sa part, d’avoir
été ignoré par les autorités. Ces dernières semaines, il est de nouveau intervenu sur la question de la capitale italienne. Lorsque Pietro Giubilo,
il y a quelques jours, voulait convoquer les associations catholiques, le
cardinal s’y est opposé et a demandé aux associations de décliner l’invitation. Cette semaine, le cardinal Poletti a aussi eu une rencontre avec Arnaldo Forlani, le leader national du parti démocrate-chrétien (le plus
grand parti italien). (apic/jt/bd)