Un an après la publication du document, la
Congrégation pour la doctrine de la foi fait le point
Rome, 23juin(APIC) Un an après la publication par la Congrégation pour la
doctrine de la foi de la "Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur
certains aspects de l’Eglise comme communion" (15 juin 1992), la salle de
presse du Saint-Siège a publié mardi une réflexion non signée qui fait le
point sur l’accueil reçu par le document. Elle aborde en huit pages trois
thèmes importants pour l’ecclésiologie et pour l’oecuménisme.
Premier thème développé: Eglise universelle et Eglise particulière. La
lettre affirmait que "l’Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique, est vraiment présente et agissante dans chaque Eglise particulière". Le commentaire souligne que cette formule d’une "intériorité mutuelle,
n’implique pas que l’Eglise universelle dérive d’une sorte de fédération
des Eglises particulières, ni de leur reconnaissance réciproque, car
l’Eglise universelle est ontologiquement première. Elle est première aussi,
du point de vue chronologique, dans la mesure où elle se rattache de façon
mystérieuse mais immédiate à l’Eglise de la Pentecôte qui, par la présence
de Pierre et des Apôtres, a déjà la structure essentielle de l’Eglise universelle".
Le second thème aborde la communion ecclésiale, l’eucharistie et l’épiscopat: la lettre et son commentaire indiquent que celui qui reçoit le baptême est incorporé en même temps à l’Eglise universelle et à une Eglise
particulière: il s’agit là d’une seule réalité chrétienne. De son côté,
l’eucharistie réalise la plénitude de la présence de l’Eglise dans toutes
ses dimensions. Cette unité eucharistique est liée à l’épiscopat, et donc
au ministère de Pierre.
Cela ne veut pas dire, précise le commentaire, que le principe pétrinien
"est le seul facteur d’ecclésialité. Par là, on veut souligner tout simplement que toute célébration eucharistique légitime du peuple de Dieu exige
la structure constitutive de l’Eglise en tant que corps sacerdotal structuré de façon organique, donc dans le lien de communion locale avec son évêque, le lien de celui-ci avec ses confrères dans l’épiscopat et avec son
chef".
Il n’y a pas dans ces expressions, ajoute-t-on, une prétendue "unilatéralité papale, mais l’approfondissement de la compréhension de l’intériorité de la dimension organique de l’Eglise universelle". La lettre n’est pas
"une interprétation nouvelle de la juridiction universelle et immédiate du
Pontife romain, mais offre un schéma adapté pour comprendre le rapport entre le collège des évêques et le pape, mais aussi entre l’Eglise universelle et Eglises particulières".
Communion ecclésiale et oecuménisme
Le troisème point concerne la communion ecclésiale et l’oecuménisme. Ce
qui vient d’être rappelé implique une reconnaissance de la "communion déjà
existante, même si elle n’est pas pleine, avec les Eglises et les communautés chrétiennes non catholiques", souligne l’auteur du commentaire. Dans
leurs révélations eucharistiques, l’Eglise universelle est présente.
En même temps, "l’absence de la pleine comunion dans les éléments de
l’unité ecclésiale représente (...) une séparation, une blessure". Il
s’agit d’un aspect très délicat, souligne le texte: "Lorsque la lettre affirme que ces Eglises particulières (ndlr: non catholique) portent une
blessure en leur sein à cause du manque de la pleine communion avec le chef
du collège des évêques, cela veut dire qu’il y a une blessure pour l’Eglise
catholique également. (...) Il ne peut en être autrement si l’Eglise qui
s’édifie et croît en elle est l’unique Eglise du Christ. Nous sommes tous
concernés par la séparation et nous en sommes responsables. Des deux côtés,
les conséquences théologiques de la séparation sont différentes. L’absence
de la pleine communion touche l’ecclésialité même des Eglises particulières
(ndlr: non catholiques). Pour l’Eglise catholique, elle concerne l’expression de la catholicité historique".
Il y a là, indique la note, une identification entre l’Eglise de JésusChrist et l’Eglise catholique romaine, mais elle ne doit pas "être comprise
comme si en dehors d’elle il n’y avait aucun élément de sainteté et de
vérité".
Le commentaire rappelle que tout ce qui vient d’être dit est en continuité avec la doctrine de Vatican II. "L’Eglise, ajoute-t-il, veut continuer le dialogue oecuménique à partir de son identité ecclésiastique. (...)
L’Eglise catholique persévère dans sa disposition irrévocable à poursuivre
le dialogue sur les différentes questions qui demeurent ouvertes", surtout
"en ce qui concerne le ministère du successeur de Pierre et du collège des
évêques au service de la communion des Eglises (apic/cip/pr)