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    L’avis du Père Concetti

    Rome: L’Eglise accueille les victimes du suicide

    Rome, 29 mai 1997 (APIC) Le Père Concetti a déclaré que l’Eglise accueille dorénavant les "victimes du suicide" Aujourd’hui, l’Eglise ne leur refuse plus la sépulture chrétienne, mais s’en remet au jugement de Dieu, rappelle dans le quotidien "Il Tempo" le Père. Gino Concetti, théologien de "L’Osservatore Romano". Le quotidien romain a annoncé en effet un tragique bilan de 10 suicides pour le seul 26 mai dernier.

    "Un suicide suppose toujours une déstructuration de la personnalité. Le fait de céder à la dépression est une défaite subjectivement insurmontable devant une situation que l’on estime sans issue", fait valoir le moraliste franciscain. Il met aussi en garde contre la publicité donnée aux suicides, car "le suicide est un phénomène contagieux, et en parler sans le blâmer peut être dangereux pour les sujets fragiles psychologiquement".

    Si l’Eglise ne refuse plus les obsèques religieuses aux victimes du suicide, explique le Père Concetti, c’est que "les sciences humaines ont mis en lumière que le suicide est le produit de causes multiples qui échappent à la volonté des sujets". Son attitude voulait manifester sa réprobation de l’acte d’attenter à la vie humaine dans un contexte où l’on exaltait le suicide. "Aux siècles passés", note-t-il, "on faisait presque l’apologie du suicide. Je pense à Socrate, à Sénèque, au Romantisme. Mettre fin à ses jours était vu comme une manifestation suprême de la capacité de l’homme à décider, une action courageuse".

    Mais les temps ont changé, estime le théologien: "Aujourd’hui, je le répète, on sait que le suicide est le fruit d’une multiplicité de facteurs qui échappent au contrôle de la personne. C’est pourquoi il est juste de s’en remettre au jugement de Dieu, tout en continuant à condamner l’acte en tant que tel, parce qu’il blesse le projet du Créateur de sauvegarder la vie". Dans cette optique, les funérailles religieuses sont à voir comme "l’accueil d’une âme qui souffre".

    Le Père Concetti tient à souligner aussi le rôle de l’éducation, en dénonçant au passage un mauvais usage de la télévision. "La seule qui parle à l’intérieur des quatre murs de la maison. Elle banalise la vie, exalte des gestes de vexation, de violence", dit-il, soulignant que les parents doivent être les premiers à apprendre à mettre leur espoir dans la vie". (apic/cip/aa)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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