Rome, 10janvier(APIC) Jenö Staehelin, nouvel ambassadeur suisse en mission spéciale auprès du Saint-Siège, a été reçu en audience vendredi par
Jean Paul II durant une quinzaine de minutes. Au cours d’une rencontre avec
la presse, peu après, l’ambassadeur suisse a déclaré que Jean Paul II lui a
exprimé sa satisfaction de voir maintenant partiellement se normaliser les
rapports entre les deux Etats. L’"affaire Haas" n’a fait l’objet d’aucune
discussion.
Le Vatican n’a donné aucune information sur le déroulement et le contenu
des échanges entre le pape et l’ambassadeur suisse. En raison du fait qu’il
ne s’agit pas encore de relations diplomatiques "pleines", M. Staehelin n’a
pas présenté au pape de lettres de créances, mais une lettre de nomination.
C’est-à-dire une communication officielle de sa nomination de la part du
Conseil fédéral. Aucun discours n’a été échangé, contrairement à ce qui se
fait lors de visites d’ambassadeurs attitrés.
Le nouvel ambassadeur, qui n’est pas accrédité, résidera à Berne. Diplomatiquement, la Suisse ne sera donc pas représentée dans la Cité du Vatican. Les relations diplomatiques entre la Suisse et le Saint-Siège avaient
été interrompues en 1874. Elles avaient été reprises en 1920, mais de manière incomplète. Alors que le Saint-Siège, depuis 1920, est représenté à
Berne par un nonce, la Confédération n’a par contre jamais accrédité un ambassadeur auprès du pape.
Entretien avec les journalistes
Peu après sa rencontre avec le pape, Jenö Staehelin s’est entretenu à
Rome avec les journalistes dans les locaux de l’ambassade suisse en Italie.
Il a déclaré que le pape lui avait exprimé sa satisfaction de voir maintenant partiellement se normaliser les rapports entre les deux Etats. Jean
Paul II lui a en outre rappelé que d’autres Etats, qui sont presque 100%
protestants comme les pays scandinaves, avaient déjà fait ce pas beaucoup
plus tôt.
Selon l’ambassadeur, Jean Paul II a en outre souligné le rôle important
que joue la Garde suisse au Vatican. M. Staehelin a pour sa part souhaité
que sa nomination puisse intensifier et améliorer les relations avec le
Saint-Siège. Il a relevé qu’il pourrait, en tant qu’ambassadeur en mission
spéciale, contribuer à améliorer et à compléter l’information du Vatican
sur la situation en Suisse.
A propos du contenu de l’entretien avec le pape, l’ambassadeur a déclaré
ne pas avoir traité de problèmes spécifiques comme par exemple "le cas
Haas". A part ce cas, il estime qu’il n’y a pas "d’autres problèmes urgents". En ce qui concerne sa mission et ses contacts en Suisse, l’ambassadeur, qui est protestant, a encore dit "vouloir être aussi ouvert que possible; vouloir répondre aux invitations d’institutions qui veulent me rencontrer": "Je crois que c’est mon rôle d’avoir tous les contacts possibles".
Le nouvel ambassadeur en mission spéciale auprès du Saint-Siège, qui
avait été nommé par le Conseil fédéral le 30 octobre dernier, sera forcément, ainsi qu’il l’a précisé, limité dans sa tâche étant donné qu’il reste
le chef de la Division I pour l’Europe et l’Amérique du Nord de la Direction politique du Département fédéral des Affaires étrangères. (apic/sicba/pr)