Rome: l’ambassadeur soviétique évoque la question uniate (210291)
Rome, 21février(APIC) L’élévation au rang de patriarcat du siège de l’archevêque majeur de Lviv (lvov), le chef de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne (uniate) "aurait inévitablement, compte tenu du contexte actuel, une
portée politique", avertit Youri karlov, l’ambassadeur de l’URSS auprès du
Saint-Siège, dans une interview publiée jeudi par l’hebdomadaire catholique
italien "Il Sabato".
Déjà adressée au Vatican du temps du cardinal Slipyj, auquel Paul VI
avait opposé une fin de non-recevoir, la requête a été présentée à nouveau
par son successeur, le cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky, à l’issue du récent Synode qui a réuni à Rome 26 évêques de l’Eglise catholique ukrainienne de rite byzantin (appelée "uniate" par les orthodoxes) . S’adressant à
Jean Paul II, l’actuel archevêque de Lvov avait déclaré qu’ "aujourd’hui
plus que jamais, l’Eglise et le peuple ukrainiens attendent de Votre Sainteté la reconnaissance du patriarcat".
Pour Youri Karlov, qui ne cache pas qu’une telle solution ne manquerait
pas de susciter des difficultés dans les relations entre l’Eglise catholique et le Patriarcat de Moscou, "la nomination d’un patriarche en Ukraine
n’est pas comparable à celle d’un curé de campagne".
Après avoir souligné qu’"avec la perestroïka et la nouvelle législation
religieuse, l’ingérence de l’Etat dans les affaires ecclésiatiques peut
être considérée comme un chapitre clos de notre histoire", l’ambassadeur en
vient à l’épineux problème de la restitution de ses lieux de culte exigée
par l’Eglise gréco-catholique, rattachée de force au Patriarcat de Moscou
sur ordre de Staline lors d’un Synode tenu à Lvov en 1946.
S’il estime que "l’on peut comprendre l’état d’esprit de nombreux catholiques qui ont vécu ces quarante dernières années une histoire dramatique",
Youri Karlov avertit aussi que "des solutions simplistes ne sont pas de mise: il ne peut y avoir ni vainqueurs ni vaincus, ajoute-t-il, et il faut
tenir compte du fait que les orthodoxes ont eux aussi été, d’une autre façon, victimes du fameux Synode de Lvov. Ils ont été utilisés par le régime
stalinien. Eux aussi ont le droit de conserver des églises là où l’on
constate cas par cas, comme l’a proposé le patriache de Moscou Alexis II,
que la majorité des fidèles est restée liée à l’Eglise orthodoxe. (apic/jtcip/ba)