"Penser l’avenir de l’humanité à la lumière de la foi chrétienne"
Rome, 12janvier(APIC) "Tous se demandent quel avenir construire dans la
paix et la solidarité en ce passage d’une époque culturelle à une autre.
Les grandes idéologies ont montré leurs limites devant la dure épreuve des
événements. Des systèmes soi-disant scientifiques de rénovation sociale,
voire de rédemption de l’homme par lui-même, des mythes de l’accomplissement révolutionnaire de l’homme se sont révélés aux yeux du monde entier
pour ce qu’ils étaient : de fragiles utopies, qui ont entraîné une régression sans précédent dans l’histoire tourmentée de l’humanité" : tel est la
leçon que tire le pape Jean Paul II au lendemain des bouleversements à
l’Est, dans un discours adressé vendredi 12 janvier aux participants à
l’assemblée plénière du Conseil pontifical pour la Culture.
L’assemblée plénière du Conseil pontifical pour la Culture est consacrée
à l’inculturation de l’Evangile, spécialement en Amérique Latine (à la
veille du cinquième centenaire de l’évangélisation) et en Afrique (en vue
du synode africain) et à l’évangélisation des cultures. C’est dans ce contexte que les participants se sont interrogés sur la signification culturelle et religieuse des situations de crise dans diverses régions, et plus
particulièrement en Europe de l’Est.
Des murs se sont écroulés, des frontières se sont ouvertes, a dit le pape dans son discours, "mais des barrières énormes se dressent encore entre
les espoirs de justice et leur réalisation". L’effondrement d’un messianisme terrestre et la soif d’une nouvelle justice constituent un nouveau défi
culturel : "Nous avons à répondre aux attentes d’une nouvelle culture, a
ajouté Jean Paul II . les nouveaux risques d’illusion et de déception ne
manquent pas. L’éthique séculière a éprouvé ses limites et s’avère impuissante devant les redoutables expérimentations qui s’effectuent sur des
êtres humains considérés comme de simples objets de laboratoire".
Jean Paul II a invité ses hôtes à penser, en tant qu’hommes de culture,
l’avenir de l’humanité à la lumière de la foi chrétienne. Il a ensuite évoqué la situation dans diverses régions du monde : "L’Europe, par nécessité,
cherche à redéfinir une identité par delà les systèmes politiques et les
alliances militaires. Elle redécouvre un continent de culture, une terre
irriguée par la foi chrétienne bimillénaire et en même temps nourrie par
l’humanisme séculier qui traverse actuellement la crise que l’on connaît".
Jean Paul II a exhorté les chrétiens à ne pas se replier sur eux-mêmes,
mais à proposer de nouveaux critères.
Parlant de l’Afrique, le pape a déclaré : "Au coeur de l’Eglise, l’Afrique est créatrice de cultures enracinées dans la sagesse millénaire des anciens et renouvelée par la vigueur du levain évangélique dont les communautés chrétiennes sont porteuses". Jean Paul II s’est exprimé également sur
l’Amérique Latine : Les chrétiens, largement majoritaires sur l’ensemble du
continent, "ont de ce fait une vocation culturelle et spirituelle à la mesure de leurs possibilités immenses". Enfin le pape a évoqué les vastes rivages du Pacifique", et la Chine en particulier, "en quête d’un nouveau
destin à la mesure de sa culture millénaire". "Nul doute que ses richesses
humaines et son attente d’une communion renouvelée avec les cultures du
monde actuel n’apportent à celui-ci de nouvelles énergies", a-t-il affirmé.
L’avenir est incertain, a conclu le pape, mais une certitude habite
aussi bien les responsables de l’Eglise que les communautés catholiques :
"Pour nous chrétiens, l’homme que nous voulons aider à croître au coeur de
toutes les cultures est une personne d’un dignité incomparable, à l’image
et à la ressemblance de Dieu". (apic/jt/cip/cor)